C’était mieux avant… ou pas.

Est-ce que c’était mieux avant ? On pourrait le penser. Beverly Hills, Friends… ces séries, véritables marqueurs de ma génération, auxquelles je n’ai jamais accroché, provoquent toujours beaucoup d’émoi. Un décès, une arrivée sur Netflix et c’est l’emballement général. A la limite de la crise d’hystérie chez certains. Moi c’était plutôt MacGyver. L’Agence tous risques, à la limite. Et évidemment les matches de basket avec Michaël Jordan. Pour ne citer que quelques exemples.

Mais jamais je n’aurais appelé mon fils Mister T ou Looping à cause d’une série (allez, je pourrais faire une exception pour Khal Drogo… #blague). Je ne pleurerai pas la mort de Michaël Jordan. Même s’il représente d’excellents souvenirs de mon enfance, je ne comprends toujours pas ce besoin de s’accrocher à un passé révolu autrement que pour en raconter les meilleures ou les pires histoires.

Pour moi, le passé est passé. Il doit le rester : passé et onirique. Plus vraiment réel. Voire plus réel du tout. Il est la base de notre présent et de notre futur mais n’est pas la direction que nous devons prendre. Il est le socle dont nous tirons les enseignements en profitant de nos succès mais surtout de nos échecs pour aller plus avant.

Comme l’explique très bien Michel Serres, à propos de son manifeste C’était mieux avant : « Je ne dis pas que le monde était bon, j’ai dit qu’il est meilleur aujourd’hui qu’il ne l’était avant.« 

Si c’était mieux avant, ce sera encore mieux après

Dans le même ordre d’idée, le contenu de ma bibliothèque, entreposé je pensais en lieu sûr, m’a été dérobé. Toutes les bandes dessinées et les livres, tous ces trésors que j’ai accumulés depuis mon arrivée en Belgique, en 1984, ont disparu. Trente-cinq années d’ouvrages, de recueils, de romans, de livres d’histoires, de dédicaces, des dessins, des dictionnaires, des souvenirs… tout est parti. A part quelques brols, et pas ceux que j’aurais aimé garder. Au moins, ces gredins n’ont pris que le bon. C’est déjà ça. Bonne lecture à eux.

C'était mieux avant

Un bout de ma bibli

Si cela m’a mis un coup sur la tête, ma bibliothèque était le seul bien matériel auquel je tenais vraiment, je m’en suis remis. D’abord, j’ai pensé à mes amis. Ceux qui ne devront plus porter ces innombrables caisses de bouquins déménagement après déménagement. Et surtout à ceux qui m’ont déjà offert de nouveaux livres à mettre dans ma bibliothèque. Je ne vais pas pleurer sur ce passé pourtant chargé de tant de belles histoires. Je vais essayer d’en construire de nouvelles. Encore plus belles. Si c’était mieux avant, ce sera encore mieux après.

Loin de moi l’idée de faire la morale à quelqu’un. C’est juste que je pense comme ça et ne comprends pas toujours les réactions des autres. Voilà pourquoi j’écris ces quelques lignes. Pour mieux comprendre. Et aussi me faire comprendre. Même s’il me semble que mon entourage n’aura pas vraiment besoin de ce texte : j’ai déjà reçu 3 ou 4 fois l’ouvrage de Michel Serres avec la remarque suivante : « J’ai directement pensé à toi quand j’ai lu ça ».

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4 thoughts on “C’était mieux avant… ou pas.

  1. A partir d’un certain âge ou d’un certain train-train que tu ne peux bouger sans risquer un déséquilibre effrayant, tu recherches les émotions dans tes souvenirs et ceux de l’adolescence sont souvent les plus marquants et les plus forts.
    Tu es encore trop jeune (et trop turbulent) ?

  2. Chouette, l’interview de Michel Serre. Il y a deux livres récents qui parlent très bien de l’optimisme que le progrès devrait sans doute plus inspirer:
    Enlightment now de Steven Pinker et Factfulness de Hans Rosling

    Tous les deux existent en français maintenant.

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