Michelle Blanc, du blog à l’Assemblée nationale du Québec

Michelle BlancMichelle Blanc, je la connais depuis le temps où elle était Michel Leblanc. Je ne l’ai pas connue parce qu’elle a changé de sexe mais bien parce qu’elle était experte en social média et en entrepreneuriat. Elle a d’ailleurs toujours fait partie des personnes que je suis et dont je lis les productions, sur son blog ou ailleurs. A tel point que je l’avais choisie lorsqu’on m’avait demandé qu’elles étaient mes influences pour une émission de NRJ.

Un fameux personnage que cette Michelle Blanc. Star des Internets québécois mais aussi forte en gueule, elle n’a jamais laissé personne indifférent… Ce n’était donc pas étonnant de la retrouver à faire de la politique. Une blogueuse qui se lance en politique, une excellente raison d’écrire cet article.

Ce lundi 1 octobre se dérouleront les élections générales québécoises de 2018. 125 scrutins auront lieu pour pourvoir les postes de 125 députés qui siègent à l’Assemblée nationale du Québec. 27 d’entre eux viennent de Montréal. Michelle Blanc se présentant dans la circonscription de Mercier. Comté montréalais dont le député sortant, Amir Khadir, ne se représente pas. Ouvrant ainsi la voie à une lutte assez indécise pour sa succession.

Le dada de Michelle Blanc, c’est la #RevolutionEcoNumerique

« Depuis 15 ans, je milite pour une révolution éco-numérique au Québec. Je veux faire de notre province d’un des centres névralgiques du numérique au niveau mondial. Il est donc tout à fait logique que je m’investisse dans la politique car je trouve que les choses n’avancent pas assez vite à mon goût » m’explique via Skype et par téléphone celle dont la devise est « Ne demandez pas au Québec ce qu’il peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le Québec ».

Michelle Blanc est peut-être nouvelle en politique mais elle sait clairement ce qu’elle veut. Adoubée par le Parti québécoisparti de centre gauche qui a toujours fait de la défense du français un de ses principaux chevaux de bataille au même titre que l’indépendance du Québec, même si cette dernière revendication a quelque peu été mise sous l’éteignoir -, c’est sous cette bannière qu’elle porte haut et fort sa #RevolutionEcoNumerique dans un territoire qui est trois fois aussi grand que celui de la France. Le Montreal Gazette dit même d’elle qu’elle est « l’arme secrète du Parti québécois ».

Le numérique, avec Michelle Blanc, on en bouffe, matin midi et soir. « Notre société en est complètement dépendante mais nos politiques ne l’intègrent pas assez dans les nombreux projets qu’ils portent, regrette-t-elle. Selon moi, il faut absolument un ministère du Numérique afin d’appréhender de manière transversale cette compétence qui est omniprésente à tous les étages de notre quotidien. »

Un Conseil du numérique

Je retiens surtout une de ces propositions-phares : la création d’un Conseil du numérique. « Si dans un premier temps, je milite pour qu’on installe de la fibre optique dans tout le Québec habité, ce Conseil aura dans un futur plus au moins proche une importance primordiale. » La fibre optique partout où il y a des Québécois, ce n’est pas une coquetterie ou pour regarder Netflix de n’importe où. Pour Michelle Blanc, à l’échelle d’un territoire comme le Québec, c’est un moyen de créer de nouveaux jobs, ce qui permettrait d’enrayer l’important exode rural dont souffre le Québec, tout en évitant aux Québécois des milliers de kilomètres par an puisque ce sera aussi une opportunité de favoriser le télétravail. « Tout est dans tout, le numérique et l’écologie sont indissociables. »

Le Conseil du numérique, composé d’experts en tous genres (juristes, sociologues, anthropologues, représentants du monde associatif…) devra, lui, réfléchir et accompagner tous les changements qui naîtront de cette #RevolutionEconumerique. « Des métiers vont disparaître, nos habitudes doivent et vont changer, des lois devront être modifiées. Tout cela ne se fera pas sans mal, reconnaît-elle sans problème. Il va falloir préparer la population, transférer les aptitudes des gens vers de nouvelles pratiques. Il faudra que tout le monde soit impliqué. » Une proposition qui semble être pleine de bon sens en ces temps où l’on a beaucoup de mal à appréhender la révolution numérique, surtout contrôlée depuis les États-Unis.

Une campagne pas de tout repos

Alors que Michelle Blanc ferraille avec Ruba Ghazal (Québec solidaire), une militante de gauche atypique, cadre dans une usine de Montréal et Gabrielle Collu, directrice de cabinet au sein du gouvernement Couillard, qui représente les libéraux, son humour et son activité sur les réseaux sociaux ne lui rendent pas toujours service.

Tandis que ses concurrentes ne sont qu’à leur débuts sur les réseaux sociaux (voir liens), Michelle Blanc est, elle, une experte de Twitter et consorts. « On sort des tweets vieux de plusieurs années de leur contexte pour pouvoir m’atteindre ». Ce qui est coutumier en politique, Donald Trump se faisant très régulièrement tancer pour les contradictions entre ses propos actuels et des tweets passés. Pour Michelle, il n’y a pas que son passé numérique qui a posé problème. Elle a voulu faire de l’humour en postant, toujours sur Twitter : « Les gens qui veulent voter « blanc », retenez que mon prénom, c’est Michelle ». Un tweet qui est assez mal passé. Si elle voulait parler du vote blanc – fait de ne voter pour aucun des candidats -, elle s’est retrouvée accusée de racisme par certains. Elle regrette une chasse à la sorcière.

Mercier ne se laissera pas prendre facilement

Si Michelle Blanc a réussi sa campagne de notoriété – personne ne l’a ratée que ce soit dans sa circonscription ou sur Internet -, on trouve quand même des reproches quant à sa candidature. D’aucuns regrettent qu’elle ne vienne pas vraiment du coin. Elle a bien un pied à terre dans le Mile End – un des quartiers branchés du comté -, mais auparavant elle n’était pas régulièrement présente dans ce bout de ville dont les habitants revendiquent une forme d’esprit de famille. Ce que me confirme un joyeux drille, rencontré au détour d’un marché bruxellois il y a de cela quelque jours.

Pascal Henrard est un Belge expatrié à Montréal depuis 25 ans. Auteur, chroniqueur, scénariste, il habite dans ledit Mile End, avec femme et enfants. « Le beau Mile end », me précise celui qui est aussi Président du Cercle d’Affaires Belgique-Québec. Michelle Blanc, il a déjà eu l’occasion de la cotoyer lors de divers événements liés au Web et au numérique.

« La présence de Michelle Blanc, experte du numérique, dans la campagne est réjouissante, dira-t-il sans hésiter. Par contre dans le comté de Mercier, elle a complètement occulté les autres candidats. On a beaucoup vu et entendu ses frasques, ses coups de gueule et ses prises de position à l’emporte-pièce. Et les médias se sont fait un plaisir de partager à satiété ses dérapages. Elle a par ailleurs un peu trop partagé les commentaires négatifs envers elle leur donnant une visibilité qu’ils ne méritaient pas. » On en revient à l’utilisation de ses réseaux sociaux.

Si on sent plus de regrets que de reproches dans les mots de ce Belge du bout du monde, qui dans le fond doit avoir pas mal d’accointances avec ses idées programmatiques, on trouve sur les Internets du Mile End de nombreuses personnes qui apprécient le franc parler de cette femme qui a décidé de prendre le taureau numérique par les cornes.

Allez, aux urnes citoyens. Et moi, quoiqu’il arrive, je retiendrai cette idée de Conseil du numérique.

Michelle Blanc

Mile End, rue Saint Viateur

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