Un cinéma de quartier ferme, la faute à Netflix ?

Ce mardi 31 juillet 2018, un enième cinéma de quartier a fermé à Bruxelles. Ce mardi, c’était la dernière séance de l’Actor’s Studio, petit complexe de trois salles – 218 places – ouvert en 1990, situé au 17 rue de la Fourche, petite ruelle voisine de la Grand Place. Sur Facebook, l’ASBL Rétine de Plateau écrit : « 325 spectateurs ont répondu à l’appel de la dernière séance » pour dire un au revoir à cet endroit emblématique de la vie culturelle bruxellois. « En fait ce cinéma est vraiment le témoin d’une salle des années 80, comme les cinémas ACTION à Paris, petite salle, petits écrans proprotionnés à la salle, foyer-bar, caisse en coin; Tout cela reste très convivial et c’est je crois ce qui fit son succès », peut-on encore lire.

Cinema de quartier

Les raisons de cette fermeture sont multiples, comme l’a expliqué Georges Jetter, administrateur de l’Actor’s Studio, à plusieurs médias : « baisse de fréquentation au fil du temps, Coupe du Monde et fortes chaleurs de cet été qui ont accentué ce phénomène, nouvelles habitudes de visionnage de films sur internet, difficulté de l’accès au centre-ville et changements de stratégies de projection de films dans les lieux d’exploitation concurrents… », peut-on lire sur RTL.be.

Même si, au final, il semble que la principale cause de la fermeture de ce cinéma de quartier soit le fait que le propriétaire, un hôtel, souhaite que l’Actor’s Studio quitte les lieux afin de développer sa capacité d’hébergement…

Et si ce cinéma de quartier fermait aussi à cause de vous ?

Sur Internet – ou plutôt dans la sphère belgo-bruxello-machino-culturo-brollo de mes Internets en plus des commentaires glânés sur les sites d’infos et dans les reportages -, les réactions peuvent se résumer par cette formule choisie par BX1 : « Tristesse pour les cinéphiles ». Ajouté aux « Comment est-ce possible ? » « Que peut-on faire ? », avec une question qui revient en filigrane et formulée telle quelle par un de mes camarades sur BxlBlog : « Que reste-t-il en dehors des UGC, Netflix et Kinépolis ? » Avec, chez certains, une insistance forte sur la responsabilité de la société américaine « proposant des films et séries télévisées en flux continu sur Internet, implantée à travers le monde ».

Mais est-ce la faute de Netflix ? Non, non, non et non. Si ce qui arrive à l’Actor’s Studio est l’accumulation de nombreux phénomènes cités plus haut par Georges Jetter, je pense qu’il a omis une composante importante de cette équation synonyme de fermeture : la responsabilité du public. L’immense responsabilité du public, oserais-je écrire. Ce cinéma de quartier n’est malheureusement qu’un numéro d’une longue liste d’endroits mythiques, emblématiques ou historiques qui ferment en bonne partie parce que l’affluence n’était plus au rendez-vous : cinémas, librairies, boucheries, épiceries de quartier…

Librairies, boucheries, fromageries, fleuristes… ont besoin de vous

Si, d’un côté, l’on ne peut nier que certains de ses acteurs pêchent par une forme d’immobilisme face à une concurrence féroce, de l’autre côté, force est de constater qu’une grande majorité des gens qui regrettent ces nombreuses disparitions n’ont plus mis les pieds depuis un bail dans le moindre de ces commerces de proximité. Oui, c’est plus facile d’aller dans une grande surface car il y a tout. Oui, c’est plus facile d’aller sur Netflix. Oui, la viande qui vient de chez le boucher, c’est plus cher (mais de meilleure qualité). Pareil pour le fromage. Etc. Etc.

Des raisons pour ne plus aller à l’Actor’s Studio il y en a. Beaucoup. Mais alors il ne faut pas se plaindre que cela ferme. Comme je l’écrivais il y a peu, il y a tellement de choses à faire dans la vie pour améliorer cette société, arrêtons de nous plaindre et posons des actes. Il y a encore plus d’un cinéma de quartier qui a besoin de vous, allez chez la libraire, le boucher, la fleuriste, le couturier, l’épicière du quartier, que sais-je encore… pour ne plus avoir à dire, à chaque fois « Comment est-ce possible ? » « Que peut-on faire ? » !!

Crédit photo : CinéCité.

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2 thoughts on “Un cinéma de quartier ferme, la faute à Netflix ?

  1. « Arrêtons de nous plaindre et posons des actes. » ❤️ Acata Non Verba, je pense que je n’arrête pas non plus de le répéter à tout le monde. On se complait à se plaindre énormément, à déplorer la disparition de choses plus pour du branding personnel que par un vrai attachement je pense. J’avoue que l’Actors Studio j’y ai mis les pieds une seule fois (il proposait un film visible nulle part ailleurs) mais que sa disparition ne me fait du coup ni chaud ni froid. Par contre le jour où Tulitu disparait de Bruxelles je trouverai ça très triste (et j’ai pas encore trouvé une librairie coup de coeur équivalente à Paris).

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