Netflix ne contacte pas ceux qui regardent trop de séries

Netflix m’a eu, malgré lui. Cette semaine, je vais faire un mea culpa : je me suis honteusement fait avoir par une fakenews qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux. L’histoire était trop belle : Netflix aurait envoyé un mail à un utilisateur de son service de streaming vidéo car un employé du site se serait inquiété du fait que celui-ci aurait regardé 188 épisodes d’affilée de la série The Office. Je l’ai lu sur Slate.fr, média que j’estime être de qualité. J’ai donc plongé tête baissée : j’ai partagé le contenu via Facebook et Twitter. J’ai même été repartagé par le compte Twitter de Slate.fr à plus de 700.000 personnes.

L’histoire de Netflix, un bête hoax

Mais patatras, c’était un hoax vieux de deux ans, que je n’ai découvert que par hasard, toujours sur Twitter, en consultant le compte d’une collègue française, Marie Turcan – journaliste pour BusinessInsider.fr – qui relayait un tweet de Netflix. Message qui évidemment affirmait que cette histoire était complètement fausse. La jeune femme en a profité pour faire une analyse intéressante du démenti de cette fakenews. C’est que de nombreux médias – dont Vivacité, pour qui je fais cette chronique dans la Semaine Viva – se sont fait avoir…

Certains, comme je le fais ce samedi à l’antenne de Vivacité mais aussi sur ce blog et sur mes réseaux sociaux, présentent leurs plus plates excuses et font amende honorable (enfin j’espère que c’est le cas pour moi). D’autres, par contre, ont simplement modifié le contenu de leur article en ligne erroné sans jamais mentionner nulle part ailleurs qu’ils ont commis une erreur. Genre pas vu pas pris. Et évidemment, il reste encore des gens totalement inconscients de s’être trompés qui continuent de propager cette fakenews.

Après, les erreurs ça arrive mais il est important de ne pas se cacher et de bien expliquer en quoi ce sont des erreurs. Sans omettre – surtout dans le cas des grands médias – de supprimer les posts qui colportent la fausse information pour que les gens arrêtent de se faire avoir.

Comme chaque semaine, je vais rappeler qu’il faut toujours vérifier les infos qu’on trouve sur Internetet pas seulement sur un autre média, surtout quand on est journaliste. Maintenant, il va falloir que je retienne ma propre leçon.

Comment reconnaître une vraie information d’une fakenews avec la RTS

NetflixPour s’entraîner à reconnaître une vraie information d’une fakenews, je vous conseille l’excellent site lancé cette semaine par nos confrères suisses de la Radio Télévision Suisse : WhatTheFake.ch où vous pourrez tester vos capacités à débusquer des fakenews.

C’est un quizz qui compte 12 informations dont vous devez dire si elles sont fake ou pas. Magali Philip, une des journalistes responsables du projet, explique sur la radio suisse que, avec son équipe, ils ont analysé des centaines de fakenews pour en ressortir quelques grandes familles (croyances, politiques, technologiques…). Moi j’ai fait 9/12… Et vous ? (Et ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un quizz sur des fakenews suisses, elle sont internationales).

Comme rumeurs, fakenews et hoax prolifèrent sur Internet, la RTS a décidé dans un souci d’éducation aux médias – un peu comme nous le faisons chaque semaine dans la Semaine Viva – de mettre des outils en place pour rendre plus facile la distinction entre l’information et la désinformation, les faits vérifiés et les mensonges, les sources fiables et les sources fantaisistes. Ce quizz en est l’un de ces outils.

Ce dont on a parlé sur les réseaux sociaux cette semaine

Cette semaine, on n’a pas eu de Trophées de l’info dans la Semaine Viva parce que Christophe Grandjean était grippé mais qu’à cela ne tienne, j’ai parlé de l’actualité des prétoires et des prisons, mais aussi de Snapchat.

Jawad, Abdeslam et Dutroux

NetflixMalheureusement, on a beaucoup parlé de procès et de prison cette semaine sur les Internets. En France, Jawad Bendaoud, le pitre des prétoires, a été relaxé. A la surprise générale, celui qui a logé deux des terroristes responsables des attentats du 13 novembre 2015 est sorti de prison ce mercredi 14 février 2018. Sur Internet, il a à nouveau été le centre de nombreuses blagues, entre autres quant à son futur professionnel à la telévision comme expert en logement ou comme humoriste.

En Belgique, les suites de l’affaire Abdeslam se sont aussi jouées dans la presse et sur Internet après que le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a critiqué la demande d’acquittement faite par Sven Mary, l’avocat du prévenu. Ving-sept noms du barreau, via une carte blanche parue dans L’Echo, mais aussi des personnalités issues des milieux culturels, s’en sont pris à l’élu NVA, qu’ils accusent de saper la séparation des pouvoirs. Tout cela a donné lieu à de très nombreux et parfois très virulents échanges sur Internet.

Tout ça, c’est sans compter l’annonce de la sortie du livre Pourquoi libérer Dutroux, écrit par Bruno Dayez, son avocat. Cela a déchaîné les passions le fait qu’on puisse envisager la sortie de prison de Marc Dutroux. Et le terme déchaîner est un doux euphémisme…

La polémique Snapchat

Snapchat a aussi défrayé la chronique cette semaine. Snapchat, c’est cette application mobile où l’on raconte des histoires avec des photos ou des courtes vidéos éphémères à un cercle fermé de gens qui nous suivent. Elle est généralement utilisée par les plus jeunes. Cette application a, cette semaine, changé de look mais aussi de fonctionnement. Et c’est surtout sur ce dernier point que le bât blesse : maintenant, elle propose dans votre flux les vidéos de vos amis mais aussi d’autres dont les utilisateurs n’ont que faire. C’est comme cela qu’on doit maintenant se taper, par exemple, des stories des expats de la téléréalité – les nouveaux influenceurs selon Snapchat.

Et ce au grand dam des médias qui essaient de se faire une place au soleil, comme l’explique très bien Sonia Devillers sur France Inter. D’ailleurs partout dans le monde, quidams et célébrités se plaignent de cette nouvelle version de Snapchat. Des hoax sont même apparus : « Si ce message est RT 50.000 fois sur Twitter, l’ancienne version reviendra » Et évidemment, rien de cela n’est vrai. Je terminerai simplement par la proposition de Casey Neistat, un vidéaste américain très populaire sur Internet :

Netflix

La Semaine Viva

Retrouvez la Semaine Viva chaque samedi sur Vivacité, entre 13h et 14h. Les objectifs de la Semaine Viva sont de prendre le temps d’expliquer, de décrypter les dossiers compliqués, de revenir sur une information qui est passée un peu inaperçue, ou encore de retrouver les acteurs qui ont fait l’actualité de la semaine écoulée. Pour ma part, je traque les pièges d’Internet (fakenews et autres supercheries du net) et je pointe quelques thèmes dont on a parlé sur les réseaux sociaux.

Pin It

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *