Les migrants, appeaux à fakenews racistes 20/01/18

Cette semaine, je vais parler des migrants. (Ecouter ma chronique sur Auvio). Ce jeudi 18 janvier, je suis allé voir Human Flow du Chinois Ai Weiwei, un activiste et artiste de renommée mondiale. Son film montre, durant 140 minutes, la réalité des migrants dans le monde durant les années 2015 et 2016. Deux heures vingt où personnelement j’ai pris pas mal de claques.

Alors que je traite d’habitude d’une fakenews et de ses coulisses, cette fois-ci j’ai décidé de parler de plusieurs d’entre-elles, par le biais d’un projet journalistique porté, entre autre, par la Turque Gülin Çavuş du site turc Teyit.org. Elle a travaillé de concert avec l’International Factchecking Network – un consortium mondial de médias qui bosse autour de la désinformation – sur de la thématique des migrants. Pendant deux semaines à Paris, elle a collaboré avec la rédaction de France 24 mais aussi avec des journalistes du Monde et de Libération.

Créer une base de données sur la désinformation au sujet des migrants

« L’objectif est de créer une base de données sur la désinformation au sujet des migrants, que l’ensemble des médias membres de l’IFCN puissent l’alimenter et que le public y ait accès via un site construit comme un moteur de recherche », détaille Gülin Çavuş sur France 24.

Fin 2017, durant deux semaines, ils ont pu recenser 162 intox – tweets, publications Facebook, déclarations de politiques ou articles mensongers qui forment 81 thèmes de désinformation sur les migrants. Ces thèmes sont répartis en 9 catégories dont les principales sont actes criminels, fraude à l’aide sociale, invasion. Si cette étude est – pour le moment – assez courte, elle est déjà assez exemplative de toutes les dérives de la communication agressive dont sont victimes les migrants. Je vous invite d’ailleurs à lire leurs conclusions prélimaires et les divers exemples qu’ils ont été publié sur le site Les Observateurs de France 24.

Une vidéo, trois scénarios anti migrants

Dans leur étude, ce qui me semble le plus intéressant, pour cette chronique, ce sont les exemples de fakenews et leur utilisation d’un pays à l’autre. Prenons cette vidéo russe, publiée en février 2017 montrant un homme occupé de frapper des infirmières dans un hôpital. C’est elle qui a servi de base de travail à la journaliste turque et à ses collègues français.

En France, des pages proches de l’extrême-droite ont affirmé, en utilisant les mêmes images, qu’ils s’agissait d’un migrant agressant des infirmières dans un hôpital français. En Turquie, une page Facebook a prétendu qu’il s’agissait d’un Syrien attaquant une femme médecin. Tandis qu’en Espagne, des internautes ont affirmé sur Twitter qu’il s’agissait d’un musulman.

On ne sait pas vraiment qui a influencé qui mais une seule et même source a donné de quoi mettre de l’essence sur le feu aux racistes de tous bords. Et, malheureusement, cela ne risque pas de s’arrêter de si tôt. Comme je l’ai écrit plus haut, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Tous devraient être recencés dans une base de donnés qui devrait – espérons-le – permettre d’éviter qu’on se fasse berner – journalistes mais aussi simple quidams – par des fakenews à charge des migrants. Un combat qui risque d’être compliqué.

La Semaine Viva

Retrouvez la Semaine Viva chaque samedi sur Vivacité, entre 13h et 14h. Les objectifs de la Semaine Viva sont de prendre le temps d’expliquer, de décrypter les dossiers compliqués, de revenir sur une information qui est passée un peu inaperçue, ou encore de retrouver les acteurs qui ont fait l’actualité de la semaine écoulée. Pour ma part, je traque les pièges d’Internet (fakenews et autres supercheries du net) et je pointe quelques thèmes dont on a parlé sur les réseaux sociaux.

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