Démonter des fake news, acte 1 16/09/17

Fake news, fakenews… ce sera le leitmotiv de cette chronique hebdomadaire que je vais tenir chaque samedi dans la Semaine Viva, émission radio d’information généraliste diffusée chaque samedi sur Vivacité entre 13h et 14h. En plus de cette chronique, je ferai aussi un petit retour sur les sujets qui ont été discutés sur les réseaux sociaux durant la semaine écoulée.

Démonter des fake news : on commence avec Harvey & Irma

Heureux d’être là parmi vous pour cette première chronique où l’on va essayer, chaque semaine, de démonter une fake news qui a circulé sur Internet et parfois dans les médias. Sur Wikipédia, l’on peut lire que les fake news sont des informations délibérément fausses ou truquées (fake voulant dire faux, truqué, en anglais).

Elles participent à des tentatives de désinformation, que ce soit via les médias traditionnels ou via les médias sociaux, avec l’intention d’induire en erreur dans le but d’obtenir un avantage financier ou politique.

Il y a existe aussi énormément de fake news dont le seul but est de faire rire les gens. Ou pour que l’instigateur de la fausse information puisse se gausser d’avoir piégé les gens. C’est aussi comme cela que Donald Trump appelle tous les médias qui critiquent ses diverses décisions et prises de parole.

Ces derniers jours ont malheureusement été rythmé par les passages des ouragans Harvey et Irma qui ont causé d’irrémédiables dégâts aux Etats-Unis et dans les îles caribéennes. Je pense que personne n’aura été épargné que ce soit sur Facebook ou sur Twitter par les images d’arbres qui s’envolent ou par les vidéos prises par des habitants terrés chez eux, cachés dans leur salle de bain avec un matelas en guise de protection.

J’ai écouté des vidéos de bruit d’ouragan

J’ai comme d’autres écouté des vidéos Youtube où l’on ne voyait absolument rien et où entendait le bruit de l’ouragan. Mais était-ce réellement ça que j’ai entendu. Je n’en ai aucune idée.

Les situations de crise, telles que celles-ci, sont propices à la propagation de canulars de tous genres sur les réseaux sociaux. Le passage d’Harvey en a encore une fois été la preuve. Houston, quatrième ville des États-Unis, a été le théâtre d’inondations historiques. Tellement, à en croire le web, que des avions auraient submergés à l’aéroport de cette ville. Je ne sais pas si vous avez vu cette image ?

fake news

Or, cette photo montre une maquette créée par le site Climate Central, initialement publiée en 2013. L’image illustre une simulation de l’aéroport si le niveau de l’eau montait de 7,6 mètres en raison des changements climatiques. Ah oui, de toute façon, ce n’est pas une maquette de l’aéroport George Bush, à Houston, mais bien de l’aéroport La Guardia, à New York.

Le mal est fait, quand on tape Houston Airport dans Twitter, c’est cette image qui occupe 80% des résultats de la recherche.

Festival de fake news

Ce n’était pas la seule fake news qui a sévi après le passage d’Harvey : on a aussi vu passer un requin dans les rues de Houston. Des alligators. Ou encore Obama aidant les rescapés. Toutes ces images sont bien réelles mais ont été détournées de leur destination d’origine.

Même topo alors que l’ouragan Irma est encore actif. Une prétendue vidéo de l’ouragan qui a été vue près de 28 millions de fois en deux jours, rien que sur un seul compte Facebook. La vidéo a provoqué plus de 119.000 réactions et 790.000 partages. Une météorologiste américaine s’est même fait avoir et a elle aussi partagé la vidéo sans vérifier avant de faire son mea culpa. Les images provenaient en fait d’une tornade qui a ravagé l’Uruguay en 2016, qu’on peut voir ci-dessous.

On va même plus loin dans le domaine du fake news. CNN a rapporté qu’une fausse vidéo a été publiée… en live. Supprimé depuis, le livestream était censé montrer une « vidéo choquante d’Irma » et a généré plus de six millions de vues en un peu plus de deux heures. Le live de 3 minutes reprenait en fait en boucle un extrait d’un cyclone ayant frappé l’Inde en 2016.

Mes conseils : même si je comprends qu’on soit attiré par les infos live – j’en suis moi-même friand – il faut toujours se demander quel en est l’émetteur, aller voir les médias, plusieurs médias, histoire de voir si l’info est répliquée. Mais même comme ça, on ne sera jamais certain… Les bonnimenteurs ont de beaux jours devant eux.

Pin It

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.