ISFSC : Initiation aux nouvelles technologies de l’information, kesako

1C21D Initiation aux nouvelles technologies de l’information, tel est l’intitulé officiel de ce cours. On va l’appeler comme tout le monde : NTI. Merci.

Initiation aux nouvelles technologies de l’information, voilà le premier cours qu’il m’est donné de mettre en ligne. Comme je l’ai expliqué dans un autre post, je vais publier tous mes cours sur ce blog. L’idée est d’essayer d’avoir des cours augmentés. Par cette expression, je veux signifier que je laisse la possibilité à tout un chacun (intervenants, étudiants, profs, trolls et autres quidams) d’améliorer, d’amender, d’upgrader les cours que je donne aux étudiants afin que ceux-ci aient l’enseignement le plus complet possible.

Ce cours se donne dans le cadre de la 1e Communication à l’ISFSC, en auditoire (voir photo de la rentrée 2016). Je devrais avoir quelque 170 étudiants (??) que je dois essayer d’initier à l’utilisation des nouvelles technologies dans le secteur journalistique tant pour rechercher de l’information que pour la vérifier ou la diffuser. On abordera des questions comme Comment les nouvelles technologies interviennent tant dans la collecte d’infos (veille, crowdsourcing) que dans sa production et sa diffusion ? De plus, les nouvelles technologies font converger les médias jusqu’alors séparés, dans une production plus multimédia. Il importera de comprendre les modalités de réalisation, de production et de construction des nouveaux récits journalistiques.

L’objectif du cours est, d’une part, que « l’étudiant arrive à inscrire sa pratique professionnelle dans une réflexion critique, citoyenne et responsable », et, d’autre part, qu’il arrive à « mobiliser des savoirs généraux et spécifiques aux domaines de l’information, de la communication, à l’univers des médias et de la culture ».

Le cours d’Initiation aux nouvelles technologies de l’information se présente sous forme d’études de cas, à la fois ceux qui ont marqué le secteur et ceux qui proposent les dernières avancées en la matière. Il aborde transversalement les axes majeurs des NTI : la veille, la fabrication (recherche/vérification), la diffusion (le résultat final plus aisément perçu des étudiants) et la discussion de l’information.

TIC, NTIC ou NTI ?

Tout d’abord, commençons avec un peu de théorie pure. Qu’entend-on par nouvelles technologies de l’information ? Tout d’abord, sachez que vous entendrez surtout parler des Technologies de l’information et de la communication (TIC), (transcription de l’anglais information and communication technologies, ICT) qui est, comme on peut le lire dans Wikipédia, « une expression, principalement utilisée dans le monde universitaire, pour désigner le domaine de la télématique, c’est-à-dire les techniques de l’informatique, de l’audiovisuel, des multimédias, d’Internet et des télécommunications qui permettent aux utilisateurs de communiquer, d’accéder aux sources d’information, de stocker, de manipuler, de produire et de transmettre l’information sous toutes les formes : texte, musique, son, image, vidéo et interface graphique interactive (IHM). Les textes juridiques et réglementaires utilisent la locution communications électroniques ». On peut encore y lire que « les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ouvrent des problématiques résultant de l’intégration de ces techniques au sein des systèmes institutionnels, recouvrant notamment les produits, les pratiques et les procédés potentiellement générés par cette intégration ». Lors de ce cours nous nous focaliserons évidemment sur les mutations engendrées dans la pratique journalistique.

Le terme NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) est lui souvent été utilisé dans la littérature francophone au cours des années 1990 et au début des années 2000 pour caractériser certaines technologies dites nouvelles. Mais les définitions fournies sont généralement floues ou équivalentes à celles des TIC. La qualification de nouvelles est ambigüe, car le périmètre des technologies dites nouvelles n’est pas précisé et varie d’une source à l’autre. En raison de l’évolution rapide des technologies et du marché, des innovations déclarées nouvelles se retrouvent obsolètes une décennie plus tard. Parfois il s’agit de distinguer les technologies basées sur l’Internet par opposition aux télécommunications traditionnelles. A l’ISFSC, on aura choisi l’appellation NTI pour Nouvelles technologies de l’information car nous prenons le parti de donner, comme c’est déjà écrit plus haut, un enseignement plutôt axé dans le cas présent sur les technologies qui influencent l’information et donc le métier de journaliste.

Un peu d’histoire

La Gazette de FranceDeux facteurs ont donné naissance à la presse écrite : l’utilisation de l’imprimerie (et donc de la presse d’imprimerie, la machine servant à imprimer), mise au point vers 1450, par Johannes Gutenberg et la périodicité. Ces deux facteurs ne seront réunis pour favoriser la diffusion des nouvelles et de l’information, qu’au tout début du XVII siècle. On constatera que, dès le début de l’histoire des médias, la technologie a été prépondérante pour la propagation de l’information.

Théophraste Renaudot est un journaliste, médecin et philanthrope français fondateur de la publicité et de la presse française par ses deux créations du Bureau d’adresse (1629) et de la Gazette, journal hebdomadaire (30 mai 1631). Si elle n’est pas le premier journal connu, la Gazette est celle qu’on retient le plus. Un de ses points forts est sa qualité de papier et d’impression.

C’est au XIXe siècle que la presse prend un essor colossal grâce au sémaphore, au télégraphe, à la rotative ou encore à la publicité : la course de vitesse entre médias est facilitée. Et son coût de production ne cesse de diminuer. Retenons qu’on n’a pas attendu Internet pour parler de courses dans le secteur médiatique…

Au siècle dernier, tout va s’accélérer avec l’apparition de la radio, de la télévision et évidemment celle de l’informatique qui va engendrer l’apparition d’Internet. Si aucun de ceux-ci n’a tué la presse écrite, chacun d’entre-eux a modifié l’univers médiatique, et ce, de manière inéluctable.

Internet, une nouvelle ère qui amène de nombreux bouleversements

Juqu’en 1991, internet, qui découlait d’Arpanet – un réseau interconnecté conçu par l’armée américaine dans les années 60 – ne concernait pas vraiment le grand public. Il était en revanche un outil précieux de communication entre les universités et les centres de recherche. Le 6 août 1991, une nouvelle ère a débuté : le premier site web voyait le jour dans un laboratoire. Depuis, l’informatique et internet ont bouleversé nos sociétés de tout au tout.

L’Internet dit domestique s’est généralisé en Belgique à partir de 1998. Au départ confiné sur les les ordinateurs fixes, il a très vite trouvé sa place sur les téléphones, d’abord via une connexion Wifi et ensuite grâce à du Data, une fois que celui-ci s’est démocratisé. Et dire que nombreux sont ceux qui disaientau moment de passer d’un siècle à l’autre que jamais il ne voudrait avoir leur téléphone connecté en permanence. Beaucoup de choses ont changé depuis. Maintenant, le smartphone est devenu la première porte d’entrée sur Internet.

Contrairement à de nombreuses idées reçues, la jeunesse actuelle lit et s’informe plus qu’avant. Les nouvelles technologies de l’information mises à notre disposition ont finalement obligé tout le monde à lire et à écrire. Même si les vidéos sont de plus souvent utilisées, nous sommes depuis l’avènement de Facebook à une période où l’écrit est omniprésent.

Mais avant d’aller plus avant dans le cours, petit flashback sur ce qui a changé depuis ce 6 août 1991…

  • 1. Communiquer. Quand les ados de 1991 passaient des heures au téléphone avec leurs copains – les parents se souviennent des factures – les jeunes d’aujourd’hui « tchattent » sur Messenger ou Whatsapp, partagent leurs photos et vidéos sur Instagram. Les adultes ne sont pas en reste. Leurs e-mails les suivent désormais en permanence sur leur smartphone. Et dans les entreprises, la crise a augmenté l’usage de la vidéoconférence qui évite les déplacements. Et que dire des sites de rencontre… (Enfin sur le minitel déjà, il y avait des sites de dating)
  • 2. Regarder un film. En 1991, regarder un film de son choix obligeait à se rendre au vidéo club pour louer parfois à prix d’or une cassette VHS (le DVD n’existait pas encore). Aujourd’hui, il suffit d’aller sur Netflix, de consulter sa télé, reliée au décodeur de son fournisseur d’accès à internet, un catalogue riche de centaines de films ou tout simplement de le télécharger quelque part…
  • 3. Acheter de la musique. La numérisation de la musique au format MP3 et le formidable succès des baladeurs comme l’iPod d’Apple ont signé le déclin du CD. En 1991, pour acheter un album, il fallait se rendre chez son disquaire. Aujourd’hui, de chez soi, on peut acheter sur des plateformes légales un seul morceau au besoin. Quant aux abonnements aux sites de streaming, ils vous affranchissent même de faire des achats…
  • 4. Partir en vacances. En 1991, choisir ses vacances demandait beaucoup de patience. Il fallait se rendre dans une agence de voyages et compulser les épais catalogues des tours operators. Aujourd’hui sur internet, on peut choisir son séjour en fonction de plusieurs critères, comparer les différentes offres, profiter de promotions de dernière minute envoyées directement dans son e-mail. On consulte également les centaines de milliers d’avis d’autres internautes qui permettent de se faire un avis sur tel ou tel hôtel, tel camping, etc. Grâce à internet on se tient également informé en temps réel des horaires de trains ou d’avion.
  • 5. Partager ses photos. En 1991, pour partager ses photos de vacances avec sa famille, il fallait d’abord se rendre chez son photographe pour faire des tirages puis expédier les photos à tonton Robert ou tatie Gaby. Aujourd’hui avec la généralisation des appareils photos numériques (APN), on peut envoyer ses photos directement par e-mail, les poster sur Facebook ou Instagram, les stocker sur des sites web de partages, les télécharger sur les sites de prestataires pour recevoir à son domicile des tirages impeccables en grand format ou sur des t-shirts. À moins que l’on préfère les imprimer directement chez soi sur son imprimante. Et de nombreux sites web permettent d’effectuer des retouches simples. Le même principe est appliqué aux vidéos.
  • 6. Les démarches administratives. Déclarer ses revenus, expédier une lettre recommandée, demander un acte de naissance. Autant de démarches qui nécessitaient de se déplacer dans les administrations. Aujourd’hui, on peut déclarer ses revenus, acheter et imprimer ses timbres chez soi, télécharger des documents. C’est simple et rapide.
  • 7. Acheter de chez soi. Des vêtements à l’électroménager, des courses alimentaires aux livres, tout s’achète aujourd’hui sur internet, payable par carte bancaire. Le commerce en ligne affiche une insolente croissance. A New York, quand on se balade le matin, il est des maisons devant lesquelles s’entassent des piles de cartons Amazon tellement les gens commandent sur ce site.
  • 8. S’informer. Jamais s’informer et enrichir ses connaissances n’a été aussi simple. Wikipédia fait un carton tout comme tous les sites d’information, de médias… Toute l’information mondiale se trouve maintenant dans votre téléphone. WAOUW. Ce qui implique que les médias et les journalistes doivent travailler autrement car comme on vu la multitude de nouveaux usages et supports existants ou à venir, l’ont ne peut proposer les infos comme on le faisait avant.

Initiation aux nouvelles technologies de l’information

C’est évidemment, c’est ce dernier point qui va retenir notre attention dans le cadre de ce cours d’Initiation aux nouvelles technologies de l’information. Durant une douzaine de séances et autant d’articles de blogs, nous allons essayer de mettre en lumière les nouvelles technologies et nouveaux usages qui ont un impact sur le journalisme et le métier de journaliste. Les articles en sont à leur première version en ce début d’année, ils seront je l’espère augmentés au fur et à mesure, déjà par les contenus générés d’une manière ou d’une autre par les différents intervenants qui viendront aux cours puis par qui le voudra ;-) Avis aux étudiants, il est donc intéressant de lire le contenu des différents posts au début de l’année.

Voilà donc les thèmes qu’on abordera au cours de ce quadrimestre :

Initiation aux nouvelles technologies de l’information

  • 1. Présentation du cours. La technologie au service de la presse, histoire des évolutions technologiques jusqu’à nos jours.
  • 2. La veille est la base du métier de journaliste. Elle utilise de nombreux outils et services pour extraire l’information sous toutes ses formes, la filtrer, l’analyser et la rediffuser.
  • 3. Réseaux sociaux, leur histoire et leur rapport à l’actualité. Pourquoi et comment bâtir son e-réputation en tant que journaliste ? L’utilisation des réseaux ont fortement modifié le paysage médiatique. Où en est ce dernier ?
  • 4. Les bulles de filtrage. Nous sommes enfermés dans des univers qui nous ressemblent de plus en plus grâce/à cause des possibilités offertes par les réseaux sociaux. Les journalistes aussi. Que faut-il mettre en place pour garantir une pratique journalistique la plus objective possible ?
  • 5. C’est quoi être journaliste en 2017 ? Rencontre avec un journaliste indépendant qui écrit dans divers médias (papier et audiovisuel) en Belgique et à l’étranger. (Grégoire Comhaire / Jehanne Bergé ?)
  • 6. Mobile Journalism (MoJo). Avec l’apparition du Mobile, les nouvelles formes de journalisme apparaissent. Présentation du MoJo par Nicolas Becquet (?). Utilisation d’outils et d’application différent dans ce cadre : Snapchat, Live Tweet, Facebook Live, app de montage…
  • 7. Le datajournalisme, une discipline ancienne dans un contexte neuf. Mais qui prend beaucoup d’ampleur que ce soit pour les dossiers internationaux comme les Panama Papers, LuxLeaks mais aussi au niveau local. Rencontre avec Arnaud Wéry, un des pionniers du datajournalisme en Belgique. Présentation de cas. Et on répondra à la question, faut-il savoir coder pour faire du datajournalisme ?
  • 8. Le blog est-il toujours d’actualité ? Durant la campagne Bush-Kerry en 2003, aux USA, de nombreux journalistes ont démissionné pour ouvrir un blog personnel. Avec l’avènement des réseaux sociaux, ceux-ci semblent avoir pris de l’ombrage ? Mais est-ce la réalité ? Et faut-il ouvrir un blog ? (Intervenant possible)
  • 9. La Réalité virtuelle ou Real virtuality (VR) arrive comme un boulet de canon. 2016 a été annoncée comme l’année zéro pour une technologie qui devrait transformer notre quotidien. Hervé Verloes et Jean-Louis, de l’entreprise Poolpio, viendront présenter la VR et toutes les applications potentielles dans la vie de tous les jours mais surtout pour le futur du journalisme.
  • 10. Nouveaux formats. Faire du journalisme autrement. Que ce soit sur Internet ou dans le papier, nombreux sont ceux qui s’essayent, avec plus ou moins de succès, à des nouvelles pratiques journalistes et à de nouveaux formats. Côté papier, on pense à Médor, XXI ou encore Wilfried parmi beaucoup d’autres qui eux misent sur le long format. Alors que côté web, Brut, AJ+ ou encore Konbini, eux, investissent le champ du message court et clair. Deux manières de voir l’information opposée et pourtant très compatibles. (Le cours pourrait être suivi d’une conférence ouverte de l’ISFSC où on rassemblerait de nombreux acteurs. A discuter)
  • 11. Fakenews. Depuis l’avènement de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, il n’a jamais été autant questions de fakenews ou d’informations truquées. Une plaie pour le journalisme. La vérification des sources n’aura jamais été aussi importante qu’en cette époque agitée. Quels outils utiliser ? Comment ne pas tomber dans le panneau ?
  • 12. Quelles sources de financement pour le journalisme ? Débuter comme journaliste indépendant n’est pas une mince affaire, il y a très vite des coûts qui peuvent parfois être élevés. Depuis quelques années, des outils sont apparus et peuvent aider les journalistes, comme le crowdfunding mais aussi les bourses destinées au journalisme. (Rencontre possible avec des jeunes journalistes qui ont trouvé des financements pour des reportages et/ou documentaires.)

L’examen portera sur tous articles et liens postés dans Claroline.

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