Fakenews, ne pas tomber tomber dans le panneau

Fakenews. Depuis l’avènement de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, il n’a jamais été autant questions de fakenews ou d’informations truquées. Une plaie pour le journalisme. La vérification des sources n’aura jamais été aussi importante qu’en cette époque agitée. Quels outils utiliser ? Comment ne pas tomber dans le panneau ? Facebook, Le Monde… prennent des dispositions pour lutter contre les fakenews, quelles sont-elles ?

fakenews

Le lundi 12 décembre 2016, différents médias annoncent la fin de la bataille d’Alep, en Syrie. Les forces russes, syriennes et leurs alliés annoncent être entré dans la partie de la ville encore contrôlée par les rebelle. Au-delà de l’horreur de la guerre, cet événement est l’occasion d’analyser la véritable cyber war que se livrent les deux camps en présence ainsi celle qui opposent les adeptes de la théorie du complot (ou complotistes), aux ONG et aux journalistes. Tout le monde use et abuse de tous les canaux pour inonder Internet.

Le lundi soir, on trouvait directement diverses vidéos sur les réseaux sociaux. D’un côté, les appels à l’aide :

De l’autre, les cris de joie :

La cyber war ne se joue pas seulement en Syrie : un peu partout dans le monde, chacun y va de son avis. Dans ma bulle à moi, Guy Duplat, journaliste culturel à La Libre Belgique, y voit une nouvelle atrocité de la Période contemporaine. Tandis que d’autres y voyaient une victoire contre des terroristes.

Tout cela concerne une seule et même ville mais chaque camp semble apporter sa propre vérité. Comment s’en sortir face à cette masse d’information ? Quelles stratégies mettre en place pour trouver des informations pertinentes et vérifiées ?

Commençons avec la chronique de l’humoriste Nicole Ferroni qui propose sa manière pour s’informer sur la crise d’Alep.

Donc pour s’informer sur la situation en Syrie, Nicole Ferroni suit le fil Twitter d’Hadi Alabdallah. Un jeune Syrien qui se trouve dans la camp des rebelles. Donc qui donnera une information orientée… Comme peut l’être toute information quelle qu’elle soit. Cet homme, comme la grande majorité des médias internationaux, dénoncent des massacres commis par l’alliance des forces syriennes et russes.

La vidéo d’Eva Bartlett, bel exemple de Cyber War

Mais sur RT News en Français on peut lire « ONU : une journaliste démonte en deux minutes la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie » Lors d’une conférence donnée à l’ONU, la journaliste canadienne Eva Bartlett, qui s’est plusieurs fois rendue en Syrie depuis 2014, et avait passé auparavant quelques années à Gaza, travaillant à recueillir les témoignages directs des habitants de ces régions au centre de conflits, accuse les médias grand public de mensonges sur la situation en Syrie.

Cette vidéo a été vue plusieurs millions de fois : une journaliste indépendante canadienne répond confrère norvégien sur les «mensonges» des médias «mainstream» et leur agenda sur la Syrie. En fond, le logo des Nations unies. Tout cela laisse croire que la conférence de presse à laquelle participe cette «journaliste» est organisée par l’ONU. Tout cela fait très sérieux. Mais ce n’est pas du tout le cas, en fait.

Comme on peut le lire dans Libération, « Ce n’est absolument pas le cas. L’événement n’a pas été organisé par l’ONU mais par la Mission permanente de la république syrienne aux Nations unies, l’équivalent de son ambassade qui, à ce titre, a le droit d’utiliser les salles de presse de l’ONU sans aucun contrôle de l’institution internationale. C’est donc le régime syrien et une organisation appelée Hands off Syria, qui se présente comme étant contre l’interventionnisme en Syrie, qui sont à l’origine de l’événement. »

Le journaliste qui pose la question, Kristoffer Ronneberg, était allé à cette conférence de presse pour écouter l’ambassadeur de Syrie à l’ONU (qui n’est finalement pas venu). Le journaliste n’avait jamais entendu parler des autres participants et a maintenant l’impression d’être devenu, à son insu et à son grand regret, « une petite pièce dans une grande guerre de propagande ».

Les publications d’Eva Bartlett – qui présente comme une «journaliste indépendante – révèlent le profil d’une activiste pro-régime syrien qui écrit régulièrement sur «les mensonges occidentaux», que «l’ONU étouffe les crimes de guerre», et appelle à «déconstruire le récit occidental» ou encore affirme que «les médias occidentaux ignorent la réalité», comme on peut encore le lire dans Libération. « Ses écrits sont publiés sur Russia Today, un site prorusse financé par Moscou, le site conspirationniste qui se donne des airs de think tank Global Research ou l’American Herald Tribune, site lui aussi ouvertement prorusse qui joue sur la confusion avec l’International Herald Tribune ».

Si les réponses, décodages, décryptages et autres à la vidéo d’Eva Bartlett auront été nombreuses à démonter ses propos sur le fond, la Mission permanente de la république syrienne aux Nations unies aura réussi son coup. Cette vidéo a été vue plusieurs millions de fois et il est fort peu probable que tous verront lesdites réponses, et même si tel était le cas, les croiraient-ils ?

Pourquoi ça marche la théorie du complot ?

Nombreux sont ceux qui refuseront de croire les dénégations apportées à la vidéo d’Eva Bartlett car les médias occidentaux sont soit-disant corrompus, lâches, orientés, à la solde du pouvoir… Si ce raisonnement – qui bizarrement ne vaut jamais pour les médias qui dénoncent les médias mainstream – existe, cela ne vient malheureusement pas de nulle part. Notre histoire récente regorge d’innombrables exemples de manipulations soit journalistique, soit politique mais qui n’auront pas été dénoncés par les journalistes – en tout cas pas dans un premier temps. Ceux-ci auront parfois détourné pour toujours des gens de l’information dite traditionnelle. Pour peut-être les pousser vers d’autres sources d’information. Sans trop se demander si celles-là étaient plus dignes de confiance.

Prenons deux exemples pour illustrer cela. Exemples souvent cités par les anti-médias.

Le présentateur du JT de TF1 Patrick Poivre d’Arvor est accusé de manquer de déontologie en proposant une interview truquée de Fidel Castro le 16 décembre 1991 sur TF155. La manipulation est révélée le mois suivant par Télérama puis le journaliste Pierre Carles dans un sujet du Magazine du Fô. PPDA n’a jamais été sanctionné pour cela. Cette affaire est très souvent prise pour expliquer que les médias sont pourris.

Dans le même ordre d’idées, le mensonge de Colin Powell, alors Secrétaire d’Etat du gouvernement américain le 5 février 2003. Il a présenté devant le Conseil de sécurité des Nations unies, un épais dossier à charge contre le régime de Saddam Hussein contenant des preuves fabriquées (ou ayant été reconnues comme telles par la suite), relatives à l’existence d’armes de destruction massive en Irak. Ce discours qui aura été le déclencheur de la guerre en Irak. Si le pot aux roses aura été dénoncé par des médias US, d’autres auront dans un premier temps annoncé les résultats donnés par Colin Powell, faisant ainsi d’eux des complices cette guerre.

Le métier de journaliste est d’arriver à faire la part des choses parmi les nombreuses sources que ce soit dans les rencontres réelles, sur Twitter, sur YouTube, à la télévision… en fait, rien n’a changé, il faut toujours vérifier la véracité des informations aussi crédible qu’elle puisse paraître. Il y a toujours eu des informations fausses, erronées… c’est juste qu’on leur met l’étiquette fake news sur front. Et quelles se propagent plus vite à cause d’Internet.

Pin It

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.