24h01, premier de cordée

La première fois que j’ai tenu un exemplaire de 24h01 en main, c’était en face d’un des bars historiques de Bruxelles, le Bar à Bar, en janvier 2015. C’était dans une école de communication privée, l’ECS, mais cétait en face du Bar à Bar, on ne se refait pas. Dans le cadre de la MediaLab Session, Quentin Jardon était venu présenter ce nouveau mook – Magazine + bOOK – belge. En fait, le premier mook belge. Après une sortie tonitruante en octobre 2013, soutenue par tous les médias traditionnels suivie d’un succès de ventes, le jeune rédacteur en chef adjoint – il avait alors 25 ans – avait pris son bâton de pélerin pour propager la bonne parole autour du leur pratique journalistique, à savoir le slow journalism. 24h01 avait besoin d’un nouveau souffle. Quelques mois plus tard, le premier numéro de Médor sortait. 24h01 ayant entre-ouvert la voie, en premier de cordée.

24h0124h01 – lire vingt-quatre heures une, pas zéro une – est une revue trimestrielle belge francophone de journalisme d’auteur et de reportage. « L’idée est née des discussions d’une bande de copains à l’été 2012, autour d’un barbecue à Namur », m’explique au téléphone Catherine Joie, actuelle rédactrice en chef adjointe du magazine. Au détour d’une des ces conversations, un constat est dressé : plus aucun d’entre eux n’est abonné à un titre de presse belge. Rien ne leur plaît. » Et cela ne leur plaît pas !

Ils décident donc de créer le média dont ils ont envie. Eux qui, à la base, hormis Olivier Hauglustaine, n’ont aucune formation de journaliste, lancent « une nouvelle revue éthique, indépendante (0% de pub), narrative (qui raconte des histoires grâce à un journalisme d’investigation créatif et rigoureux), multimédia (textes, illustrations, photos et BD) au service du public », comme ils l’écrivaient dans leur communication de l’époque.

« Inspiré du français XXI et de l’américan New Yorker, l’envie était de faire de 24h01, un magazine belge de grands reportages, poursuit la jeune femme. Ce qui est un fameux pari en 2017 mais qui était bien plus grand en 2013. » Pourtant 24h01 est toujours là, bientôt quatre ans après le lancement. Si le premier numéro a été un succès, la suite s’est faite un peu cahin-caha. Quand j’avais rencontré Quentin Jardon début 2015, il expliquait que le fait d’être un semestriel les avaient certainement desservi. Le fait que le premier numéro ait quelque peu déçu ceux qui étaient habitués à XXI, n’a évidemment pas aidé. Le public, lui, n’était pas encore habitué à ce type de média new generation.

« Au départ semestriel, sur 200 pages, sans pub, il aura fallu trois ans à 24h01 pour arriver à son format actuel, me raconte Catherine Joie. C’est donc un trimestriel, sur 150 pages et avec de la pub. Cela devenait impératif de changer de modèle économique. » Après, l’arrivée de la publicité ne veut pas dire que le magazine va changer d’ADN. « Nous continuons à travailler comme avant, garantit-elle. Les annonceurs sont issus des milieux culturel ou public (comme la STIB). Et petite particularité, les publicités sont illustrées par notre équipe. Cela donne un cachet particuliers à des annonces qui s’intègrent dans notre magazine. » Sur 150 pages, il y en avait 7 dans le numéro de mars et 8 dans celui qui est sorti la semaine dernière. « Nous nous sommes fixés un maximum de 10 pages », précise Quentin Jardon depuis devenu rédacteur en chef du magazine.

Avant l’introduction de la publicité et le passage en trimestriel, l’équilibre financier de 24h01 se situait autour des 4.500 exemplaires. « Maintenant, on est plutôt autour des 4.000 mais cela dépendra du nombre de pages de publicité, de nos différents partenariats (par exemples avec des provinces qui distrubuent des 24h01 dans les écoles ou encore avec Exki), ajoute encore le rédac chef’. Et n’oublions un subside annuel de 10.500 euros, comme aide à la presse périodique. Ce n’est pas beaucoup mais c’est toujours ça de pris ».

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