Hatice Duman, plus de 5000 jours en prison en Turquie

Mathias DepardonHatice Duman. Un nom dont je n’avais jamais entendu parler avant l’incarcération de Mathias Depardon. Pour rappel, le photojournaliste français a été arrêté le 8 mai 2017 pendant un reportage dans le sud-est de la Turquie. Il était mandaté par le National Geographic pour un sujet sur l’eau dans la région du Tigre et de l’Euphrate. Il a été libéré vendredi du centre de rétention de Gaziantep où il était détenu depuis un mois.

Gros soulagement en France, évidemment, mais aussi à Bruxelles où Mathias Depardon a fait ses études. Mathias a donc été très présent dans ma bulle de filtrage Etudes/Communication/Journalisme ce dernier mois. Surtout avec quelques-uns de ses proches dans mon flux principal. J’ai donc évidemment embrayé et relayé comme je pouvais les appels à la libération. Ce n’est pas grand chose mais c’est toujours ça. Assez intelligement, la Fédération européenne des journalistes (FEJ) – au-delà de son combat pour la libération du photographe français – a rappelé que plus de 150 autres journalistes étaient incarcés dans les prisons turques.

L’attention médiatique autour de la libération de Mathias Depardon doit être une aubaine pour rappeler le sort des autres journalistes. D’ailleurs, ce dernier a été le premier à le faire, comme le souligne Ricardo Gutiérrez, Sécrétaire général de la FEJ : « Nous sommes très heureux de la libération de Mathias Depardon. Mais nous ne devons pas oublier les 158 autres journalistes emprisonnés en Turquie. Merci à Mathias d’avoir réservé ses premiers mots, après sa libération, au sort de ses dizaines de camarades emprisonnés. »

Avec la Fédération internationales des journalistes (FIJ) et le syndicat de journalistes turc Türkiye Gazeteciler Sendikasi (TGS), la FEJ a imprimé des cartes postales avec les noms des 158 journalistes et professionnels des médias emprisonnés en Turquie. Afin que tout un chacun puisse leur apporter un soutien moral. Au moment d’écrire ces quelques lignes, ils ont déjà ensemble cumulés plus de 80.000 jours d’emprisonnement pour avoir fait leur boulot. La Turquie est la « plus grande prison du monde pour les journalistes » selon Reporters sans Frontières. Fin 2016, l’ONG recensait 358 journalistes emprisonnés dans le monde, dont 158 dans le pays gouverné par Recep Tayyip Erdogan.

Qui est Hatice Duman ?

Hatice DumanJ’ai décidé pour ma part, au-delà des quelques cartes que j’ai déjà envoyées, de commencer une correspondance – même si elle ne devait être qu’à sens unique – avec Hatice Duman. Je l’ai choisie au hasard. Enfin non, je l’ai choisie car elle est la journaliste qui est depuis le plus longtemps dans les geoles turques : depuis près de 5300 jours au moment où j’écris.

« Hatice Duman était la rédactrice en chef de la revue Atilim, Gülüzar Erman syndicaliste du textile. Elles ont été arrêtées le 13 avril 2003 et condamnées le 4 mai 2011 à la prison à perpétuité pour avoir « tenté d’éliminer l’ordre constitutionnel par la force », dans le cadre d’un procès dirigé contre le MLKP. Tandis que l’engagement de l’une consistait à diriger un journal légal et celui de l’autre à faire un travail syndical légal, elles ont été condamnées sur base d’un dossier monté de toutes pièces par la police pour les impliquer dans des actions armées attribuées au MLKP (la destruction à l’explosif du siège d’Uskudar du parti fasciste MHP et deux attaques de banque). Ce n’est pas la première fois que la police monte des dossiers pour liquider les journalistes et les syndicalistes qui dérangent l’ordre établi. » (Source)

Hatice DumanLe journalisme est l’une de vos cordes sensibles, pourquoi ne pas prendre un peu de votre temps pour écrire l’une ou l’autre message de soutien à l’un de ces journalistes. Pour celles et ceux qui voudraient mettre une petite carte dans la boîte, il suffit de contacter la FEJ. Ils ont tout un stock de cartes. Quant aux adresses, c’est assez simple, on les retrouve toutes ici.

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