Benoît Sokal : « La VR est une véritable révolution »

Benoît Sokal. Un nom que je n’avais plus entendu depuis belle lurette. A tort. Alors quand on m’a invité pour la sortie de son jeu vidéo Syberia 3, je n’ai pas hésité : mû par l’envie de revoir l’auteur dont j’ai aimé le Canardo étant ado – j’ai même un album dédicacé, ce fut mon premier -, et le Kraa un peu plus tard ; et mû par la curiosité de découvrir son travail dans le gaming.
Benoît Sokal

Syberia est sorti pour la première fois en 2002, cela a été une succès critique et commercial. « L’héroïne du jeu, Kate Walker, est une avocate américaine chargée de conclure le rachat de l’usine d’automates familiale des Voralberg dans le petit village alpin de Valadilène. Mais la révélation de l’existence d’un héritier potentiel, Hans Voralberg, qui a disparu en Europe de l’Est, contraint Kate à se lancer dans un voyage qui l’emmène toujours plus loin sur les traces de Hans et de ses automates de génie, à travers des lieux de plus en plus étranges. », peut-on lire sur Wikipedia. Un deuxième opus s’en est suivi deux ans plus tard. Un nouveau succès commercial et d’estime. Fin avril dernier, un troisième volet de la saga est sorti sur PS4, Xbox One, PC/Mac et bientôt sur Nintendo Switch.

L’attente était énorme. Près de 13 ans d’attente – à cause en partie de différends avec l’éditeur du jeu -, les fans de la série n’en pouvaient plus. « Whouaa !!! Maintenant je suis trop impatiente …Il a l’air magnifique et quel plaisir de retrouver Kate Walker ! » ou encore « Formidable comme toujours. J’ai hâte de l’acheter ;-) Je possède tous vos jeux qui sont un régal. » pouvait-on lire en mai 2016 à la sortie du trailer de Syberia. N’étant pas moi-même un gros gamer, je me suis une nouvelle fois tourné vers Wikipedia pour voir quel a été l’accueil du public : « L’agrégateur de critiques Metacritic attribue au jeu une moyenne de 52 % pour 30 tests. Les reproches faits sont principalement une réalisation technique aux abois (realisation graphique et animations datées, soucis de framerate et bugs…) et un gameplay bancal notamment sur PC (abandon du système point and click). » Considérations que j’ai par ailleurs trouvées ça et là sur les Internets.

L’on pourrait peut-être imputer aux nombreuses tergiversastions autour du financement du jeu les différents problèmes techniques relevées. Dans l’industrie du jeu vidéo, les évolutions sont tellement rapides. Si les choses traînent, un projet de jeu vidéo peut vite être dépassé. Lors de notre rencontre aux éditions Le Lombard, Benoît Sokal, semblait le dire à demi-mots. Enfin, il a plutôt dit qu’ils avaient dû reprendre à zéro plus d’une fois à cause de délais trop longs. Cela étant dit, Syberia 3 est le premier épisode de la série complètement développé en 3D. Il aurait presque pu être en réalité virtuelle. « La VR, on y pense pour le suivant, explique l’auteur belge. C’est une évidence. C’est pour moi une révolution au même titre que le walkman. Dans les années 80, il a modifié durablement l’industrie de la musique, le casque VR en fera de même pour celle du jeu vidéo. »

Benoît Sokal, un dessinateur qui aime l’innovation

Il n’est en rien étonnant que Benoît Sokal soit attiré à ce point pour la VR. Dès le début des années 90, il est l’un des premiers à coloriser ses bandes-desssinées à l’aide d’un ordinateur. « Sa fascination pour l’informatique fait qu’il se tourne naturellement tourné vers les univers virtuels », peut-t-on lire dans Libération en 2006. Dans le même article, l’on peut aussi lire que Benoît Sokal se présente comme un « raconteur d’histoires en images ». Une idée qu’il précise lors de notre rencontre : « Quand je suis sorti des études, de Saint-Luc à Bruxelles, j’ai fait de la bande dessinée parce que c’était là que ça se passait à l’époque. Si je devais sortir de l’école maintenant, je commencerais directement à faire des jeux vidéos. »

S’il est féru d’innovation, le dessinateur bruxellois n’en a pas pour autant délaissé le dessin. Il n’a jamais arrêté de publier des Canardo ainsi que d’autres bandes dessinées. Ce qui d’ailleurs a aussi joué dans le fait que Syberia 3 ne sorte pas tout de suite dans la foulée des deux premiers. Et, pour la sortie de ce dernier-né, il a choisi d’avoir une approche pluri-media avec la parution du roman Syberia qui reprend l’histoire de Kate Walker sur les deux premiers jeux et en bande dessinée, avec un premier tome se focalisant sur l’histoire de Hans Voralberg. Un artbook également nommé Syberia a aussi été édité, ce dernier reprenant des croquis, concepts et dessins de la trilogie. Ce dernier est, à mes yeux, un petit bijou comme le milieu de la bande dessinée est capable de produire. Les fans de la série devraient adorer.

J’espère qu’un quatrième opus de la série sortira de terre car je serais très curieux de voir de découvrir l’univers de Kate Walker dans un un HTC Vive ou dans toute autre console VR.

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