Uber ou pas, je ne veux plus prendre le taxi

Les taxis n’en peuvent plus, ils en ont marre d’Uber. Alors, ils vont manifester aujourd’hui 16 septembre. Le début du rassemblement est annoncé à 9h30 près de la gare du Nord. 1.000 chauffeurs venant, paraît-il, de toute l’Europe (Allemagne, Espagne, France, Portugal et évidemment Belgique) sont annoncés. Puis cela devrait être le bordel jusqu’en fin d’après-midi. Oubliez la voiture et le bus. Surtout que des chauffeurs de taxis ont déjà annoncé qu’ils ne pouvaient garantir qu’il n’y aurait pas de débordement… Il faut qu’Uber cesse toutes ses activités, un point c’est tout.

Les entreprises de taxis parlent comme un seul homme d’illégalité, de concurrence déloyale, de main-d’œuvre non déclarée… J’aime beaucoup cette phrase, trouvée dans Le Soir : “Les taxis belges invoquent un certain laxisme de la part des autorités alors que la multinationale américaine est présente sur le sol belge depuis un an et demi”. Elle m’a fait rire.

Uber Taxis

Source : BusinessInsider.com

Rire, car moi non plus, je n’en peux plus des taxis. J’en ai aussi marre d’eux. Et depuis un moment. Bien avant l’avènement de Djump ou d’Uber. En 2011, déjà, j’écrivais sur ce même blog 8 fois sur 10, le taxi essaye de m’arnaquer. Après l’avoir pris pendant une bonne dizaine d’années, j’en ai eu assez de n’avoir qu’une seule offre de service, souvent médiocre. Tout d’abord, je reviens sur le laxisme de la part des autorités : c’est un reproche qu’on peut leur faire depuis moult années. Combien de taxis ai-je pris avec un chauffeur qui n’était pas celui de la fiche accrochée dans le taxi; qui ne connaissait pas plus Bruxelles que moi Varsovie; qui n’avaient aucune monnaie; qui refusaient toute forme de carte de crédit, ou alors moyennant un supplément; qui conduisaient le GSM à la main, en roulant à fond la caisse; qui n’avaient pas d’imprimante pour le ticket… ? Combien je ne sais pas, mais beaucoup.

Beaucoup, mais pas la majorité. Je l’avoue sans aucun problème. D’ailleurs, comme on peut le lire sur mon profil Facebook, il y a plus ou moins autant de personnes qui se plaignent que d’autres qui ont toujours été satisfaites du service offert par les taxis. Mais bon, laissez-moi rigoler quand on entend les chauffeurs de taxis se plaindre de laxisme de la part des autorités. Par contre, jamais on ne les entend parler des arrangements qu’ils peuvent avoir avec hôtels, boîtes de strip-tease… qui leur donnent du cash s’ils leurs amènent des clients. Aucune nouvelle non plus des clients réguliers qui ne sont évidemment jamais pris au compteur. Pas un mot sur les revenus de la sous-location de leur véhicule à des chauffeurs qui n’ont pas de licence. Leurs licences, les fameuses licences. Achetées souvent à prix d’or mais en toute illégalité, car normalement octroyées gratuitement pas la Région. Petite ( ) : je m’étonne, depuis des mois qu’Uber et les taxis font la Une des médias, qu’aucun journaliste n’ait enquêté plus en profondeur sur lesdites licences, leur transmission et surtout sur les propriétaires de celles-ci.

Cela étant dit, je suis d’accord avec les entreprises de taxis : sus au laxisme des autorités dans le secteur du transports rémunérés des personnes. DANS SON ENSEMBLE. On va rire. Et je ne suis pas aussi vindicatif que Ridouane Chahid, porte-parole des taxis et député socialiste bruxellois, qui demandait dimanche aux gens, sur le plateau de la RTBF, de ne plus utiliser Uber car le service n’était “pas pro”. Induisant, pour moi, une demande de ne pas utiliser les taxis non plus, vu que là non plus, le service n’est pas pro non plus :p Non, pour par ma part, je suggère qu’on fasse un nettoyage une bonne fois pour toute : on chope tous les chauffeurs de taxis, tous les chauffeurs d’Uber – ça doit faire 3.000 personnes à tout péter -, on vérifie qui est en règle. Les chauffeurs qui resteront auront tous du travail, j’en suis persuadé.

Mais ce ne sera pas encore assez pour le secteur des taxis car pour la plupart des utilisateurs de la société financée par Google When you go Uber, you never go back. A l’heure actuelle, l’application de l’entreprise US explose les vaines tentatives bruxelloises en 40 milliards de morceaux : tant au niveau de l’expérience utilisateur, que des informations fournies sur le chauffeur qui arrive, que sur le temps d’attente, que sur la facturation, que sur le paiement par carte que sur les possibilités de donner un feedback immédiat et aisé sur la course.

Une dernière chose : les démonstrations de violence contre les chauffeurs Uber, contre les clients d’Uber, les lancers de pavés – à Paris – contre des automobilistes, les débordements annoncés… ont achevé pour un bon moment la dernière envie que je pouvais encore avoir de monter dans un taxi. Et ce malgré tous les mecs sympas qui m’ont un jour ramené chez moi après le travail ou après une sortie, avec qui j’ai eu de chouettes conversation et qui m’ont fait découvrir des coins inconnus de Bruxelles. Ce n’est pas assez pour faire fi des autres.

Source illustration : BusinessInsider.com.

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16 thoughts on “Uber ou pas, je ne veux plus prendre le taxi

  1. Je plussoie !
    Août 2014 a signé pour moi la fin de l’utilisation des taxis, après avoir été déposée livide avec trois enfants tout aussi livides à l’aéroport de Zaventem, alors que nous n’étions nullement pressés. Vitesse impensable, déboîte à tout va et colle à 50 cm la voiture devant nous, agrémenté d’appels de phares… Le tout sous la pluie…
    J’inculque à mes enfants la sécurité routière… Vous imaginez leur état ?
    Ah oui, et absolument aucune aide pour sortir les valises et poussette.
    Pourboire dans le baba!!!
    J’oubliais aussi que rien n’est jamais prévu pour le transport des enfants, alors qu’en tant que particulier, les enfants doivent avoir siège ou rehausseur adapté…

  2. C’est accablant ce genre de “commentaires”

    Strictement rien, une mise em scène pour un coup de gueule, et le manque d’argumentation assumé.

    Bref, uber

    • Accablant? Pourquoi?
      Faites votre travaille correctement Mr les taxis, et vous retrouverez vos clients.
      Tout ce qui est dit plus haut est vrai (vécu)

  3. Ou dans une tres moindre mesure: djump (qui ne crée l’enthousiasme que chez.les ultra geek en manque d’idée de start up)

    Est plus que de la concurrence deloyale, c’est de l’exploitation, la plus cynique,

    Peut etre que la législation du travail n’ezt pas au point, peut-être que la non harmonisation fiscale européenne a son tort aussi.

    On peut selon toute vraisemblance etre content de l’arrivée de uber x en Belgique, a souhaiter que d’autres sociétés puisse apporter plus d’originalité que la tristesse su service d’uber.

    Mais valider un systeme,uberpop, qui n’a rien de disruptif sauf le fait d’exploiter une misere humaine.

    C’est vraiment consternant.

    • “Est plus que de la concurrence deloyale, c’est de l’exploitation, la plus cynique”

      Je n’ai jamais rencontré autant de travailleurs heureux de se faire exploiter.
      Rentrer chez uber est volontaire, et les gens qui essaient sont chaque jour plus nombreux.

    • Un peu facile de parler d’exploitation quand vous vivez TRES BIEN dans une société qui est le fruit de l’exploitation de la misère humaine (cf vos vêtements produits par des gamins ou votre batterie de téléphone, cf le pétrole exploité sans rien donner aux autochtones et en polluant la planète). Ce n’est que le reflet d’une société ou tout ce qui compte c’est chacun pour sa pomme. Le problème n’est pas uber mais plutôt les taxis qui sont pour une grande partie de vrais sauvages, qui en plus ont des bandes réservées (moi aussi j’aimerais des bandes réservées pour aller bosser !!!)
      Au final, les taxis sont bien trop chers, pour un service plus que moyen, il n’y a aucune raison pour l’utilisateur de préférer le taxi à la multitude d’alternatives qui existent.

  4. Je rajouterais à cela, le nombre de courses refusées par nos amis taxis. Je me suis retrouvée plusieurs fois en sortie de fête, crevée à me voir refuser des courses car elles n’étaient pas assez longues…aaaah ce sentiment de sécurité.
    Je n’ai plus jamais eu ce problème depuis que j’utilise Uber :)

  5. Un exemple de plus de comportement “discutable” des taxis officiels, et qui s’est produit plus d’une fois (sans quoi je ne le mentionnerais pas). Ma mère, très âgée, habite à un 5ème étage. Souvent je lui commande un taxi (Vert, si ma mémoire est bonne) et l’opérateur me dit par ex. que le taxi arrivera dans 10 (ou 15) minutes. Je me base donc sur cette information pour la préparation du départ de ma mère, de façon à ce que nous arrivions en bas en même temps que le taxi. Cependant, très souvent il arrive déjà après 5 minutes : le chauffeur sonne et remonte dans son taxi (ou fait un très bref appel en absence sur mon gsm) sans même attendre une réponse, ET MET DEJA SON COMPTEUR EN MARCHE. Dans bien des cas ce n’est que 2, 3 ou 4 minutes plus tard que j’arrive au taxi avec ma mère (que j’ai pressée à se dépécher vu cette arrivée prématurée), et quand j’ose faire (poliment) un commentaire concernant le compteur je me fais presque insulter par le conducteur, qui utilise notamment l’argument qu’il est un indépendant et n’est donc pas responsable de ce que la centrale annonce aux clients. Bref, personne n’est responsable, je dois presser ma mère et payer pour le temps d’attente. Même si le montant est faible, je suis choqué par le principe.

  6. Je soutiens totalement cet article. Il me rappelle la dernière mésaventure vécue avec un “sympathique” taximan. Je vous copie-colle le mail de plainte que je leur ai ensuite envoyé (et qui est, évidemment, resté sans réponse), il résume parfaitement ma pensée:

    “Je souhaiterais me plaindre du comportement de l’un de vos chauffeurs (numéro 254, photo ci-jointe), auquel nous avons eu affaire dans la nuit du 9 au 10 juillet à hauteur du Boulevard de la Sauvenière (Liège).

    Nous avons demandé à ce monsieur s’il pouvait nous conduire Quai de Rome (Liège); s’en est alors suivi une discussion totalement surréaliste:
    – Sans nous dire bonjour, sans nous saluer et sans nous répondre, il nous a adressé un sympathique “Vous sentez la bière”; je lui ai donc répondu que nous revenions effectivement d’un restaurant entre amis, raison pour laquelle nous souhaitions rentrer chez nous en taxi plutôt qu’avec nos véhicules.
    – Il m’a ensuite demandé “combien de billets j’avais dans mon portefeuille” (sic). Assez surpris de la question (je n’ai pas l’habitude, en tant que client, qu’un vendeur ou un prestataire de service me demande ce que j’ai dans mon portefeuille!), je lui ai demandé de répéter. Il m’a répondu qu’il refusait les clients qui n’avaient pas de petites coupures.
    – Visiblement satisfait du contenu de mon portefeuille (!), il a ensuite accepté de nous prendre en charge et nous a adressé un (toujours très sympathique) “Avec moi, ça va douiller” avant de démarrer.
    – Arrivés à destination, le prix de la course était de 9,20€. Je lui ai tendu un billet de 10€ et lui ai demandé de me rendre les 80 cents, étant donné qu’il était hors de question que je laisse le moindre cent de pourboire à un chauffeur aussi grossier. Après avoir fouillé dans son portefeuille durant une bonne minute, il m’a répondu qu’il n’avait pas de monnaie et m’a rendu 1€, ponctué d’un “Comme ça tu seras content”.

    Pourriez-vous me dire ce que vous pensez de cette situation? Estimez-vous normal que vos chauffeurs s’adressent ainsi à vos clients? Que cela se passe dans un commerce, dans un restaurant ou dans un taxi, auriez-vous accepté, si vous aviez été le client en question, que l’on vous parle de la sorte?

    Je peux comprendre que certains chauffeurs aient probablement affaire à des clients parfois difficiles, particulièrement la nuit. J’accepte tout à fait qu’ils prennent certaines mesures de prudence pour éviter cela. Néanmoins, je refuse d’être traité de façon aussi grossière sans raison, alors que je ne suis qu’un client normal, respectueux et poli, qui demande une simple course. Ce n’est pas en se comportant de la sorte que vos chauffeurs éviteront d’éventuels problèmes avec leurs clients, au contraire.

    Je tiens également à souligner que la société Uber a récemment annoncé qu’elle s’établirait à Liège avant la fin de l’année 2015; il est fort probable qu’une majorité de clients décideront alors de délaisser vos taxis au profit de cette compagnie, comme cela s’est produit dans beaucoup de villes dans le monde. J’espère que vous réalisez que vous, sociétés de taxis traditionnelles, êtes les principales responsables de cette situation: en offrant depuis de nombreuses années un service aussi lamentable que coûteux à vos clients, comme l’illustre encore le présent e-mail, vous avez vous mêmes détruit votre propre business et fait fuir vos clients. Il ne faudra pas s’étonner que ceux-ci se détournent de vous dès qu’une alternative sera sur le marché.”

  7. +1 totalement.
    Sur la région de Charleroi, c’est fou le nombre de taxis qui suivent pas les chemins les plus courts (malgré les GPS).
    Bizarrement, ils ont jamais assez pour rendre la monnaie. Comme je ne donne jamais de pourboire quand le service est exécrable, j’explique toujours que ce n’est pas mon problème, un bon professionnel doit avoir un fond de caisse conséquent et que je ne bouge pas tant que je n’ai pas mon du…
    Bizarrement, la magie se met a l’oeuvre et la monnaie suffisante apparaît toujours dans la poche du conducteur :)

  8. Je partage tout à fait ton avis concernant les taxis et aimerait rajouter aux multiples mésaventures que l’on a tous rencontré un jour ou l’autre (taxi qui prend volontairement des détours, rend mal la monnaie pour se tipper au passage, compteur déja enclenché, “rue non trouvée” (si,si!) le fait que le fait de prendre un taxi seule comme femme est aussi souvent une expérience éprouvante. Drague de lourdeaux avec commentaires peu amènes si on fait bien sentir qu’on prend le taxi pour etre transporté d’un point A à un point B, remarques sur la tenue vestimentaire ( longue ou courte d’ailleurs) et j’en passe. Il est déjà arrivé plusieurs fois que j’abrège le trajet par exemple prés d’un restaurant ou d’un café non loin de chez moi pretexant rejoindre finalement des amis pour ne pas indiquer mon domicile final. Tout ceci fait d’un trajet taxi une expérience désagréable voire même redoutée d’avance. Et Uber n’est pas en cause. Les taxis feraient mieux de se rendre en question, au lieu de rejeter la faute uniquement sur un évenement économique parallele. Par contre c’est vrai et je te rejoins là dessus aussi, certains échanges sont trés sympathiques comme ce jour où la stib me laissait tomber et où un chauffeur a fait l’impossible dans la limite de la loi pour me faire arriver à la garderie des enfants à temps (“on est aussi des pères de famille”) ou cet autre avec lequel nous allions à l’hopital pour un petit bobo (mais urgent) et qui a juste été adorable avec les petits….. alors que certains autres refusent tout net les femmes enceintes, même pas en train d’accoucher (?)

    Je suis toute prête à me reconcilier avec les taxis mais il faut aussi que ceux-ci fassent preuve de plus d’éthique et de professionalisme…

  9. Le beurre et l’argent d’Uber (publié d’abord sur Facebook : https://www.facebook.com/ocaeymaex/posts/519602284872346
    ———————————–
    Ah aujourd’hui les taxis sont de nouveau dans la rue. Normal, quand on y pense, c’est leur métier après tout? Mais quand ils sont en groupe, cela prend tout de suite des proportions invraisemblables. Les taxis, acteurs essentiels de l'(im)mobilité…

    Les taximen se plaignent de la concurrence déloyale d’Uber, et la radio passe en boucle les explications dignes d’un café du commerce provenant en ligne directe de taximen bien informés. “Les chauffeurs Uber ne paient pas de taxes sociales”, “c’est l’ultra-liberalisme”, “c’est pour défendre notre profession”. Une belle collection de lieux communs.

    La réalité est toute simple, mes pauvres amis. Vous êtes assis sur un des rares créneaux commerciaux encore protégé (ou devrais-je dire ponctionné) par un monopole étatique. Le pouvoir politique (régional dans ce cas-ci) vous accorde une “licence d’exploitation” en échange d’un statut protégé qui retreint l’accès à la profession. Résultat des courses (sans mauvais jeu de mot): une profession assoupie, un niveau de service globalement indigent, un sens du client qui brille par son absence, une absence totale d’innovation et des tarifs non seulement prohibitifs mais sur lequel aucun des intervenants dans la chaîne économique ne gagne vraiment grand chose.

    Et voilà, l’économie digitale passe par là. La granularité des startups est telle que la moindre petite niche est directement exploitée. Les outils digitaux permettent de recruter et de valoriser des ressources auparavant dormantes parce que rien ne permettait de les présenter au marché: les chambres d’amis inoccupées (airbnb.com), les freelancers off-shore (upwork.com), les capacités hôtelières (booking.com) … et oui, également les millions de voitures qui circulent la plupart du temps sans passager à bord. Tout cela, ce sont, c’étaient des ressources jusqu’à présent inexploitées parce que jusqu’à présent impossibles à fédérer. Sauf qu’aujourd’hui, il suffit d’une appli pour débloquer la situation.
    Et ceux qui comptaient sur un monopole ou sur une absence de “liquidité” des ressources pour protéger leur activité se retrouvent gros-jean comme devant. C’est un rappel (sans doute un peu brutal) de la règle du jeu économique numéro 1: un prestataire n’a de légitimité que s’il répond à un besoin. A force d’être protégé par leur monopole, les taximen ont oublié cette règle. Il leur suffisait d’être taximen, sans avoir à se poser d’autres questions. Et voilà qu’un autre acteur les court-circuite en mobilisant une ressource abondante et en l’exposant presque instantanément au marché. Oui, c’est dur pour les taximen…

    Mon message est simple: amis taximen, manifestez pour la fin du monopole d’état sur le statut de taxi, ou boycottez le paiement des licences régionales (ce qui revient au même). C’en sera fini de ce que vous appelez la concurrence déloyale, tout le monde à pied d’égalité et que les meilleurs gagnent. Rester assis sur votre monopole ne fait que prolonger votre agonie.

  10. Ah! Uber vs Taxi… mon sujet de discussion préféré… avec les taximen! ;-) je me refuse par principe à utiliser Uber, pour le problème de concurrence déloyale que ce service pose (rapport au (non) paiement des cotisations sociales et autres taxes), et parce que j’essaie de ne pas mettre tous les taximen dans le même panier. Souvent, je dois dire, ça se passe plutôt bien (et les deux dernières fois, je suis vraiment tombées sur des adorables). Le dernier, c’était mardi matin en revenant de l’aéroport, nous a dit qu’il n’était pas contre une concurrence loyale et saine, ce qui n’est pas le cas d’Uber (pour les questions de taxes ci-dessus). Il a dit aussi qu’il n’était pas allé manifester avec les taxis l’autre jour. Et que les taximen qui protestent contre Uber sont souvent les mêmes qui veulent du cash… pour pouvoir faire passer une partie de leurs courses en black.

    Perso, j’ai déjà eu quelques refus parce que je voulais payer par carte (j’ai rarement du cash sur moi et franchement, quand j’en ai, c’est plutôt pour acheter un sandwich ou des légumes au marché…). Ca m’a valu un sermon, un soir de réunion européenne, par un taximan au rond-point Schuman, qui voulait savoir si j’étais Française, pour n’avoir pas de cash, parce que quand même c’est pas normal de même pas avoir un peu d’argent liquide pour payer sa course. Il m’a aussi raconté les pratiques limites limites des coopératives de taxis (les Taxis bleus qui disent toujours que oui, ya un appareil à cartes dans leurs taxis alors que c’est faux), les commissions de 5% prélevées sur chaque transaction, les appareils à acheter ou à louer à des prix exhorbitants), ils feraient bien en effet de se révolter contre ça d’abord, et puis de réfléchir à améliorer le service qu’ils proposent (une app qui fonctionne VRAIMENT et pas ce brol d’ecab, par exemple). Mais s’ils continuent à rejeter la faute uniquement sur les autres, je suis d’accord, ils n’auront plus que leurs yeux pour pleurer et même moi j’aurai pas envie de les plaindre ;-)

    C’était la tartine du vendredi, youhou!

  11. Voilà, le verdict est tombé. UberPOP ite missa est. Les taximen ont gagné. Bruxelles avait promis -une fois de plus- de remettre de l’ordre dans la très poussiéreuse réglementation du transport rémunéré de personnes, et a -une fois de plus- manqué à sa promesse. A défaut d’une révision du cadre, la justice a tranché et UberPop n’est plus.

    Et après? Le web ne va attendre personne. La disparation d’UberPop crée un appel d’air et dans les jours ou les semaines qui viennent, d’autres initiatives fortement teintées de digital prendront la place d’Uber. Uber a peut-être pêché en “emballant trop” son service. Les chauffeurs et leurs voitures n’étaient que des ressources plutôt que d’être des acteurs. Cela a joué en défaveur d’Uber, qui se retrouvait donc trop facilement identifié comme un prestataire central plutôt que comme une vraie place de marché.

    Avec un peu de chance, les nouvelles initiatives que l’on va voir débarquer seront un peu moins marchandes, un peu plus coopératives, un peu plus collaboratives. Il y a (il y avait?) dans ce secteur d’autres acteurs davantage positionnés sur le créneau du co-voiturage (je pense par exemple à Djump, qui a fréquenté le betacowork en même temps que moi l’année passée). Ils ont souffert du succès d’Uber qui, avec son approche simple et consolidée, à rapidement raflé la mise. J’espère qu’ils pourront maintenant se redéployer en mode plus collaboratif.

    Les voitures tournent presque à vide et encombrent les routes. Le pétrole est flambé en pure perte pour mouvoir des engins de 2 tonnes qui ne transportent qu’un seul passager. Clairement le besoin est toujours là. Penser que la solution passe par les taxis est un non-sens total.

    C’est donc une belle occasion manquée sur le plan politique. Mais la disparition (momentanée) d’UberPop est une opportunité pour la mobilité. Faisons confiance à la granularité du web. Un appel d’air aussi important va forcément déboucher sur quelque chose de novateur. Il y aura un après-Uber, et ce ne sont pas les taxis qui vont en profiter.

  12. Pingback: Uber vs taxis. – ♕ La Pause Chocolat ♕

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