Facebook peut être un outil intéressant en cas de disparition

La nouvelle est tombée ce matin, l’étudiante de l’ULB Maud Bernier a été retrouvée morte. La jeune Belge s’est suicidée. Je ne vais pas m’appesantir sur ce malheureux fait divers mais ce cas est un bon exemple de l’utilisation qu’on peut faire de Facebook, contrairement à ce qu’en pense Child Focus.

Après la disparition de Maud, Manon a signalé ce fait à la police et a parallèlement ouvert un groupe Facebook pour tenter de retrouver son amie. La Police fédérale (qui n’a d’ailleurs pas jugé le cas inquiétant) et Child Focus ne voient pas cela d’un bon oeil comme on peut le voir dans ce reportage de RTL.

Je ne partage pas l’avis de Maryse Rolland, la porte-parole de Child Focus. Je pense qu’il faut différencier les messages de disparition sur Facebook et ceux par e-mail. Quand la porte-parole explique que l’on cherche parfois des enfants déjà retrouvés ou alors jamais perdus, je dis ok mais que c’est une dérive liée au mail. Il est un fait que cela est arrivé de nombreuses fois par le passé lorsque on envoyait ce genre de message de disparition par mail. Il est des hoaxes qui tournaient des années. Comment prévenir les gens que la personne a été retrouvée ou qu’elle n’avait même jamais été perdue ? C’est impossible. Et donc l’info continuait à tourner.

Avec un groupe Facebook, toute l’information est centralisée. Si quelqu’un a une info, il la met dans le groupe. Si on retrouve la personne, tous les membres du groupe peuvent être avertis assez facilement. Il faut vraiment voir en Facebook un bon outil à ajouter à la panoplie traditionnelle de la recherche des personnes disparues. D’ailleurs, dans le cas ici présent, le groupe a été supprimé ce matin. Donc, cela va à l’encontre de la théorie de Child Focus.

Maryse Rolland a aussi dit que l’utilisation de Facebook pouvait être préjudiciable car on pourrait perdre des témoignages. De nouveau, je ne suis pas d’accord. Oui, on peut toujours en perdre (comme il est possible de ne pas en prendre un au sérieux) mais si on gère bien le groupe on pourra certainement en générer plus. De nouveau, le groupe Facebook est un endroit centralisé sur un support où l’on retrouve une bonne partie de la population. Child Focus et la Police fédérale seraient bien avisés de s’y intéresser et de comprendre les us et coutume de Facebook plutôt que de les critiquer. Je ne suis pas certain que les messages de disparition qui passent après le JT aient autant d’impact que Facebook, du moins chez une partie de la population.

Je ne dis pas non plus que Facebook est la panacée mais je pense qu’on va devoir intégrer le réseau social américain aux outils traditionnels et déjà bien rodés de la Police et de Child focus. Je me répète mais bon, il faut taper le clou. Parfois. Souvent.

UPDATE : mon billet a été cité par Thierry Dupiereux dans Vers L’Avenir. Merci Sam Piroton.

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17 thoughts on “Facebook peut être un outil intéressant en cas de disparition

  1. Rappelle-toi du cas du pey qui avait disparu de manière inquiétante, gros bazar sur Facebook en décembre/janvier alors qu’il s’était simplement barré en Espagne sans prévenir sa femme… (c’est tout, ça me faisait rire :grin: )

    • Je ne dis pas qu’il n’y aura jamais de cas. Mais l’avantage est que dès que tu as l’info, tu peux fermer le groupe et donc l’information ne se propage plus. Mais oui, je me rappelle bien, un type d’Etterbeek, il me semble.

  2. Pascal Van Den Driessche 17 juin 2011 at 17 h 19 min - Reply

    Child Focus ferait peut-être bien de revoir sa présence et stratégie sur les réseaux sociaux (pas de page #FB, Child Focus est une personne , 3 groupes , j’ai pas trouvé de compte twitter ) bref pas top!

  3. Fait-divers ou pas, je commencerai juste par exprimer mes condoléances à ses proches :sad:
    Pour ce qui est de l’article j’approuve à 100%.
    L’idéal serait même que ces groupes soient en fait créés et gérés par Child Focus (ou la police). Ça, ce serait une utilisation efficace de FB dans le cas de disparitions inquiétantes. Vive les Community Manager !!

  4. Cher Mateusz,
    Ceci me fait penser à un slogan de CNBC qui disait autrefois qu’on n’est jamais trop informé…
    La question est donc: FB complète-t-il Child Focus et la police?
    Amitiés

  5. Comme je te l’ai dit, je suis tout à fait d’accord avec ton point de vue. Le ton condescendant de la porte-parole de ChildFocus m’a également bien énervée!
    Pour ce qui est de Maud, la disparition avait été signalée par la personne qui la connaissait le mieux. Première raison de la prendre au sérieux.
    Et finalement, on voit que ni la police, ni ChildFocus n’a pris cette disparition au sérieux. Quand on voit les conséquences, on est en droit de remettre en question la position de ChildFocus.

  6. La représentante de Child Focus sur l’e-safety qui était venue au Café numérique il y a deux semaines semblait tout à fait compétente en ce qui concerne l’utilisation d’Internet (j’ai vraiment été agréablement surpris par son discours).

    Donc je pense qu’il doit surtout y avoir un manque de communication entre leurs différents départements.

  7. @MelBxl quelles conséquences? Elle s’est suicidée, ce n’est pas une conséquence en rapport avec ChildFocus ou la police!
    Majeure, elle a le droit de disparaître si elle le souhaite.
    D’ailleurs, je trouve que dans ce cas-ci, aucun avis de recherche (fb ou police) n’a aidé à rien, ça doit juste être d’autant plus difficile pour la famille de digérer, vu l’ampleur médiatique du bazar. Merci facebook.

    C’est un mauvais exemple… dans child focus il y a child. CQFD

  8. @Florence: permets moi juste de te rappeler que dans le “Child” de Child Focus sont compris les jeunes jusqu’à 24 ans. Donc Maud comme tout autres jeunes ou adolescents entraient dans la mission de Child Focus.
    Certes, toute personne majeure a le droit de disparaitre comme bon lui semble, mais dans ce cas précis, dès le début, on savait que la disparition était inquiétante. Je connais Maud, je connais son histoire tout comme Manon qui a été à la police pour prévenir de sa disparition. Child Focus devrait peut-être faire un peu plus confiance en la famille et les amis et ne pas prendre les choses à la légère.
    Évidemment chacun a son point de vue et je ne nie pas le fait que je ne suis pas totalement objective puisque personnellement touchée. La police et Child Focus aurait bougés plus tôt, l’issue aurait été la même. Il n’empêche que ça ne ferait pas de mal d’envisager Facebook, non comme un adversaire, mais comme une aide précieuse dans ce genre d’affaire.

  9. @MelBxl Child Focus n’a jamais dit que cette disparition n’était pas inquiétante ! Il estimait juste qu’un affichage n’était pas approprié dans ce cas-ci. Sur les 200 ou 300 disparitions traitées chaque année, à peine une cinquantaine sont rendues publiques. A mon sens, c’est une bonne chose. Si demain il me prenait l’envie de me barrer quelques jours en Espagne, à la manière du Namurois dont parle flexyflow, je n’aimerais pas DU TOUT découvrir un avis de recherche sur Facebook. Si j’étais mal dans ma peau, je crois que cette médiatisation m’achèverait.

  10. @Mateusz Ce serait bien aussi de comprendre les us et coutumes de la police fédérale et de Child Focus avant de les critiquer. ;-)

    • Et bien oui justement, je vois bien comment cela fonctionne, peut-être pas autant qu’un véritable faitdiversier, mais j’ai quand même eu pas mal d’occasions de me frotter à ces deux institutions. Je n’ai d’ailleurs pas critiqué leur mode de travail actuel dans mon billet.

      Je dis juste qu’ils devront, comme cela commence à se faire ailleurs, cfr le commentaire de Pascal, utiliser les réseaux sociaux dans ce genre de cas. Ils y viendront certainement. Un jour.

      • Mais ils utilisent déjà les réseaux sociaux. Peut-être pas de manière optimale, mais ça vient.
        Je crois qu’il y a un malentendu dans cette affaire. Même le plus demeuré des technophobes sait désormais que Facebook ou Twitter sont de formidables moyens de communication et qu’il serait bien idiot de ne pas les utiliser.
        Mais ce n’est pas parce qu’un outil existe qu’il doit TOUJOURS être utilisé.
        Dans le cas qui nous occupe, ce n’est pas Facebook le problème, c’est que des amis de Maud ont cru bon de lancer une recherche publique contre l’avis de professionnels. S’ils avaient placardé des affiches sur les murs plutôt que sur Facebook, Child Focus aurait réagi exactement de la mêm manière. Car toutes les disparitions ne sont pas bonnes à médiatiser.
        Je lis dans un édito de Thierry Dupiereux, dans VA, que la police et Child Focus ont “pris cette disparition de haut”. C’est complètement faux. Pendant toute la semaine, l’une des conseillères de Child Focus a suivi la mère de Maud. Le centre savait que la jeune fille était déprimée et qu’elle avait emporté des médicaments. Mais voilà : rien n’indiquait, dans ce cas bien précis, qu’une campagne d’affichage aurait aidé les recherches. En revanche, il était certain que si Maud avait simplement “fugué”, une médiatisation de son cas lui aurait porté préjudice.
        Voilà toute l’affaire. Elle n’a rien d’une querelle entre “anciens hostiles à Facebook” et “modernes en phase avec leur temps”, mais bien d’une divergence d’avis entre professionnels et amateurs.

        • D’abord, je n’ai jamais dit ni écrit qu’il fallait TOUJOURS utiliser les réseaux sociaux. Tu constateras que je réponds surtout aux propos de la porte-parole de Child Focus dans mon billet. Celle-ci est assez confuse dans ses explications. Les tiennes sont bien plus circonstanciées quant à l’utilisation ou la non utilisation des réseaux sociaux.

          PS : le lien pour l’édito de Thierry Dupiereux.

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