Ma première interview politique : écrasé, comme du grain à moudre

Ma première interview politique. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je n’avais pas encore 20 ans. J’étais alors étudiant à l’Ihecs mais déjà j’essayais de mettre les deux pieds dans le monde des médias. L’un chez Belga comme collaborateur au service des sports et l’autre comme journaliste en herbe pour un site qui publiait des news tous les jours à midi : LeMidi.org. Encadrés, entre autres, par Yves Merens et David Morelli, des jeunes de 16 à 25 ans étaient invités à produire des articles pour ce site. Une expérience très enrichissante.

Daniel Ducarme, interview politiqueDans le cadre de cette collaboration, j’ai eu l’occasion de faire mes premières armes en journalisme politique. Alors que je rangeais ma bibliothèque il y a quelques semaines, j’ai retrouvé un livre reçu lors de ma toute première interview politique. En septembre 2000, j’ai rencontré Daniel Ducarme, alors président du PRL-FDF (cartel qui a donné naissance au MR), dans le cadre des élections communales et provinciales belges qui se sont déroulées le 8 octobre 2000.

Je m’en rappelle comme si c’était hier. Je ne connaissais que très peu le président du PRL-FDF. Je me suis préparé comme je pouvais. Je suis allé à la bibliothèque. J’ai fait des recherches sur Internet mais, à l’époque, Google n’avait que 2 ans et ne fournissait pas autant d’informations que maintenant. En est sortie une série de questions que je devais trouver assez pertinentes pour me présenter devant le président d’une des grandes formations politiques du pays.

Interview politique de Daniel DucarmeMa première interview politique a été une catastrophe :D Je suis arrivé en retard parce que je me suis foulé la cheville et que je me suis trompé d’adresse. Une fois sur place, rue de Naples, à Ixelles, la honte du retardataire se mêlant au trac du timide, je n’étais pas bien fier. Cela devait se voit sur ma tête car on m’a filé à boire et fait asseoir pour me remettre de mes émotions. Je me rappelle que Daniel Ducarme a tout fait pour me mettre à l’aise. C’est donc avec un courage renaissant que j’ai commencé à poser mes questions. J’ai très vite déchanté. Aucune des réponses qui m’ont été faites ne correspondaient à mes questions. Pas une seule. J’ai été baladé comme un enfant. Je n’étais pas prêt, je n’avais pas les connaissances pour répliquer et j’étais, de toute façon, très impressionné par ce politique à la voix grave et puissante. Avant de partir, j’ai même reçu un livre dédicacé du Duc du PRL et une invitation à rejoindre le parti, si jamais j’étais intéressé. Ce bouquin intitulé Du grain à moudre est le premier d’une longue série de livres écrits par, pour ou sur les politiques qui ont trouvé place dans ma bibliothèque.

Ma première interview politique a été une bénédiction. Malgré le fait que je sois sorti de là dans le même état qu’un vieux chewing gum mâché pendant deux heures, cela a été un moment important pour moi. Je savais que je voulais refaire ce genre d’interviews en étant mieux préparé, en ayant lu un maximum, avec beaucoup plus d’aplomb et de confiance en moi. Après tout, j’avais été moi-même écrasé comme du grain à moudre, cela ne pourrait pas être pire. Cela ne l’a jamais été. J’aurais pu être complètement démoralisé mais c’est tout le contraire qui est arrivé. Cela a fini de me persuader que je devais continuer. J’y repense de temps à autre. Comme lorsque j’ai accompagné Christian Carpentier pour interviewer Yves Leterme, alors Premier ministre. C’est peut-être grâce à ma première calamiteuse interview politique que j’en étais arrivé là. Un échec fondateur.

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