Une défaite qui sera l’EPO de la présidentielle pour le FN

Il y a deux ans, j’aurais dit que Marine Le Pen n’avait aucune chance de devenir un jour présidente. Ce soir, je me dis que cette défaite est probablement une magnifique piste de lancement pour l’élection présidentielle qui se déroulera 2017. Car de défaite, la soirée n’a que le nom : dans les chiffres le FN fait environ 30% des voix (comme tous les partis de gauche réunis), et sans le retrait du PS dans le Nord et en PACA, il aurait été à la tête de deux régions. D’ailleurs, au regard de cette soirée électorale, ces sont les personnalités frontistes qui m’ont semblé, dans leur ensemble, les plus sereines et et les plus souriantes.


En y réfléchissant bien, c’eut peut-être été une bonne chose. Que le FN gagne au moins une de ces Régions. Si tel eut été le cas, le FN et ses partisans auraient fêté cela. Une partie d’entre eux auraient été satisfaits, et se seraient – peut-être – assoupis. Peut-être auraient-ils levé le pied. Il n’en sera rien. Que du contraire. Quand on écoute les réactions des militants frontistes : « On a l’impression de s’être fait braquer » ; « On nous a volé notre victoire » ; « La démocratie a été bafouée ce soir » ou encore de « Terreur »

Les équipes qui étaient mobilisées pour ces élections perdues vont dès demain, sans attendre, avec l’énergie des perdants qui ne devaient pas perdre, reprendre le chemin de la campagne et des villes. Galvanisés d’être dans les rangs du premier parti de France. Mais premier parti volé, meurtri, blessé… tout ce qu’il fallait pour doper l’envie d’aller gagner en 2017. Personne n’aura à perdre de l’énergie à gérer des Régions. Les candidats élus, en masse, pourront y faire de la flibuste mais on ne devra pas fatiguer la base à défendre les premiers bilans.

Non, ils pourront battre le pavé. Dire qu’ils ont gagné mais qu’ils ont été escroqué. Le FN était seul en tête dans 6 régions sur 13 au soir du premier tour. Une semaine après, rien, nada, schnoll… Le hold-up complet. Ils arguent déjà que c’est le résultat de copinages et de compromissions, voire de « magouilles » entre les « mondialistes (Les Républicains, Le PS, le Modem-UDI…) et les patriotes » comme l’a déclaré Marine Le Pen ce soir. Avec l’absence de victoire, il y a un manque, un manque de satisfaction… les troupes frontistes vont vivre les 18 prochains mois le couteau entre les dents tous derrière une seule personne, avec un message clair. Et ils vont aller chercher les voix, une par une. Ce sera d’autant plus facile si les gouvernants traditionnels ne changent rien d’ici là. La défaite lors de ces Régionales va être l’EPO de la Présidentielle.

Objectif Hollande pour la présidentielle

Il est un autre point important qui ressort de cette défaite. Florian Philippot et un représentant du FN dans la région du Nord l’ont déjà annoncé : ils ont compris que l’objectif en 2017 sera de se retrouver au second tour de la présidentielle face à François Hollande. Car cette défaite apporte en effet un enseignement précieux pour les frontistes : les électeurs socialistes continuent à voter comme un seul homme quand il s’agit de faire perdre un candidat FN. Se retrouver face à Sarkozy ou n’importe quel autre candidat Les Républicains et c’est la défaite assurée. Les 18 prochains mois devraient donc servir à discréditer la droite républicaine. Dans un premier temps, pour qu’elle termine troisième lors de la présidentielle. Et dans un deuxième temps, pour se montrer comme seule et unique alternative. En appuyant sur le fait qu’ils sont les seuls à pouvoir chasser les socialistes honnis en 2017. Et ils pourraient y arriver… Forts d’une campagne galvanisée par cette défaite du 13 décembre 2015.

Ce matin, j’étais inquiet. Ce soir, je souffle mais je ne suis pas optimiste.

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