Médias : Droit d’auteur et citation des sources à géométrie variable

Ces dernières années, nul n’a pu rater les multiples plaintes, lamentations, gémissements et autres pleurnicheries de la majorité des médias en place. Cette litanie de geignements pour la défense de la propriété intellectuelle a donné lieu à de nombreux procès, un peu partout dans le monde. Les quotidiens francophones belges attaquent Google depuis des années via Copiepresse (avec e. a. Assucopie), les médias télés sont à l’affut du moindre extrait de leurs images qui pourrait se trouver sur YouTube ou sur Dailytmotion… Il faut absolument sauver le soldat droits d’auteurs (et ses petits copains aussi). Ce qui peut avoir une certaine logique. Sauf que nombreux sont ceux qui n’appliquent cette logique que dans un seul sens.

C’est qu’il est quand même amusant de voir que beaucoup parmi les outrés, ceux qui se sentent dépossédés de leur propriété intellectuelle, ceux qui subissent un viol à chaque fois qu’un de leur contenu est dupliqué sur le net… toutes ces victimes de ces affreux pilleurs du web… font la même chose que ce qu’ils reprochent aux méchants internautes. Que font Copiepresse, Assucopie et consorts… plus personne pour rappeler la loi ?

Combien de fois ne suis-je pas tombé sur une vidéo qui comme par hasard était hébergée en dur dans la chaîne vidéo du média alors que ladite vidéo avait été postée par quelqu’un d’autre sur le Net ? Il y a des médias spécialistes qui remplissent leurs chaînes vidéos avec des contenus glanés un peu partout sur le web. Et qui ne mettent JAMAIS un lien vers la vidéo originelle. Mettre un embed qui renvoie vers un site extérieur ? Quelle folie ! Les mêmes évidemment feront immédiatement retirer toute vidéo qu’ils auront eux-mêmes mis en ligne et qui aurait été dupliquée par ailleurs. Logique.

On peut faire plus ou moins le même constat pour tout ce qui est citation des sources. Je me rappelle lorsque je travaillais à la Dernière Heure/Les Sports, mes collègues qui appelaient Belga ou d’autres rédactions pour gueuler par ce qu’ils n’avaient pas été cité. Ou aussi ceux qui nous appelaient car ils n’avaient pas été cité dans nos colonnes. Pourtant je n’entends pas les mêmes journalistes gueuler quand, tant dans le journal papier que dans sa version en ligne, on retrouve des informations qui viennent du web, de tel blog ou autre site, sans la moindre citation. Nada. Niente. Il ne faudrait pas se salir en citant un petit blogueur… Et oui, il y a encore des journalistes qui en 2012 pensent cela.

Bon, j’exagère un peu. Enfin juste un peu. Il est vrai qu’il y a des journalistes qui citent correctement les sources provenant du web. Chaque jour, les médias traditionnels font un pas vers plus de correction. Surtout à l’écrit. Mais pour les vidéos, on est dans la tendance inverse : je vois de plus en plus de vidéos qui remplissent les channels de certains éditeurs dans la moindre référence à son origine. C’est le tout au clic sans la moindre déontologie.

En conclusion, j’ai souvent envie de rire (ou de m’énerver, c’est selon) quand je lis ou entends les plaintes et les accusations des chefs d’édition en ligne, des rédacteurs en chef ou des journalistes qui s’en prennent aux méchants pilleurs du web.

Billet inspiré d’une vidéo que j’ai vue sur le site d’un média belge important. J’aurais aimé la voir dans son intégralité car elle avait, sur ce site belge, été coupée. Je n’ai pas trouvé sa provenance vu qu’elle était hébergée en dur sur le site belge et que le média américain, d’où l’info avait été pompée, n’a été cité nulle part dans l’article.

PS : précision, pour les mauvais coucheurs, je ne suis pas pour le pillage de l’information sur Internet.

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