Spotify, Simfy, Deezer, Youtube et Fon à la sauce belge

Logos TeknophilesHier en fin d’après-midi, j’ai pour la deuxième fois participé comme chroniqueur au podcast des Teknophiles de RTL.be. Notre invité de la semaine, Jean-Marc Capitaine, Directeur Produit et Service pour le marché résidentiel chez Belgacom est venu nous parler des partenariats avec Fon et Deezer.

Une rencontre très intéressante. Nous avons eu pas mal d’explications sur ces deux accords. Plus que je ne le pensais avant l’émission. On a aussi eu droit à la position de l’opérateur historique sur l’arrivée de la Google TV et autres acteurs du Web.

Mathieu a testé une nouvelle application mobile qui simplifie le payement de personne à personne et que propose la banque KBC (CBC).

Sergio, comme toutes les semaines, revient sur l’actualité du jeu vidéo. Il a testé pour nous Need For Speed : The Run. A cette occasion, Sergio a rencontré Jeffrey Van Hooydonk (Pilote en Belcar GT3 sur Aston Martin DBRS9) qui nous confie ses impressions de pilote professionnel.

Pour ma part, je fais une grosse rubrique sur la musique en ligne. (Vous pouvez retrouver le texte en dessous de la vidéo)

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Depuis quelques jours – je parle bien en jours -, les annonces dans le domaine de la musique en ligne se suivent comme des enfants qui vont à une attraction à Euro Disney : c’est la cohue. Belgacom officialise la semaine dernière un accord avec Deezer. Spotify qui a enfin ouvert les vannes à la Belgique, après s’être ouvert celles – mondiales – de Facebook en septembre dernier. Simfy vient d’arriver début novembre. Google Music a annoncé mercredi qu’il allait aussi vendre de la musique, devenant ainsi concurrent direct d’iTunes et d’Amazon. On pourrait encore parler du rachat d’EMI par Universal annoncé le 11 novembre dernier…

Et pour couronner le tout, on annonce la fin du CD pour fin 2012. Mazette que les 15 premiers jours de novembre 2011 sont chargés en informations. Dont quelques-unes vont certainement changer la face du monde de la musique.

Tout d’abord, au niveau belge, on peut enfin dire OUF, depuis tant d’années que les internautes pestent d’être considérés comme des sous-utilisateurs tant les services web mettent du temps à arriver chez nous, voire à ne pas arriver. On va enfin pouvoir légalement utiliser des sites de streaming en Belgique. Je dis bien légalement car il était possible d’avoir Spotify depuis longtemps, soit en passant par un proxy, soit, comme je l’ai fait en ouvrant un compte à l’étranger. Mais avec ces solutions, il était impossible de prendre la version Premium du service.

Spotify (Suède), c’est 15 millions de morceaux disponibles. 8 selon, Jean-Marc Capitaine. C’est gratuit si cela ne vous dérange pas d’écouter de la publicité de temps en temps. Le modèle économique est gradué et après une offre « Free » illimitée mais limitée dans le temps (6 mois), l’offre Spotify se décline en une catégorie « Unlimited » à 4,99 euros par mois permettant d’écouter tout le catalogue sur votre ordinateur (qualité 128 kbps). Et enfin, il y a l’offre « Premium » à 9,99 euros par mois qui ouvre l’accès à tout le catalogue en haute qualité (320 kbps) sur ordinateur et sur les plateformes mobiles.

Chez Simfy (Allemagne), un peu pareil. Il y a une offre free qui donne gratuitement accès à 20 heures de musique par mois pour puiser dans tout le répertoire. Ces comptes gratuits sont financés par la publicité. Ensuite, Simfy Premium : pour 4,99 euros/mois, c’est la version sans pub. Et enfin Simfy PremiumPlus : cette version sans publicité donne également accès aux applications mobiles pour iPhone, iPad, Blackberry et Android et au mode offline pour les applications mobiles et le desktop player, qui permet d’écouter les playlists sans être connecté. Prix du compte : 9,99 euros/mois.

Pour Deezer (France), on en sait un peu moins, Belgacom n’ayant pas encore communiqué. Il y aura plus de 13 millions de titres accessibles aux clients de l’opérateur. Et ce de manière illimitée sur PC, Mac, smartphones et tablettes à tout moment et partout, même sans connexion internet permanente… Le service “Deezer for Belgacom” sera lancé dans les toutes prochaines semaines. Peut-être Jean-Marc Capitaine va nous donner un scoop sur dans le studio des Teknophiles… Ce qu’il n’a pas fait ;-) Mais il dévoile quand même quelques trucs dans le podcast. Comme le fait que l’abonnement Deezer pourrait se retrouver dans certains abonnements Internet.

Grooveshark (USA), est un service qui permet d’écouter gratuitement quelque 8-9 millions de titres. Gratuitement, avec comme dans les autres cas, de la publicité visible sur le site. Pour 30 euros, vous aurez accès au site sans la publicité. Ce site est accessible en Belgique depuis un moment mais souffre chez nous d’un manque de reconnaissance. Au niveau qualité, je trouve que c’est le moins bon aussi…

Je pourrais aussi citer Last.fm qui permet d’écouter de la musique en streaming moyennant un abonnement de 3 euros par mois. Mais personnellement je l’utilise pour scrobbler ma musique écoutée sur iTunes et sur Spotify.

Ca a mis le temps mais c’est y est donc, dans quelques mois, tout le monde en Belgique pourra facilement, sans payer très cher, écouter et découvrir de la musique…

Surtout que, comme je l’ai déjà dit, la rumeur veut que le CD physique disparaisse bientôt – on parle de la fin 2012.

Selon une étude de Digital Music News, Spotify, Deezer et les autres modèles du genre seraient « préjudiciables » à l’achat de musique. En résumé, grâce à ces services, l’accès à la musique augmente mais les actes d’achats – de CD ou via iTunes par exemple – diminuent.

Je pense personnellement que c’est un faux problème. Les majors se trompent de combat, comme c’est souvent le cas. Est-ce un problème s’ils vendent moins de CD ? Non. A moins qu’ils se voient comme de simples marchands de plastique et non des marchands de musique. La musique, ce sont aussi les concerts, le merchandising, la musique utilisée dans la publicité… D’ailleurs, ce n’est pas pas pour rien que des majors essayer de faire signer des contrat globaux aux artistes.

Comme l’écrivait Yann Lebout sur ma page Facebook, « un musicien a des dizaines de sources de revenus possibles, dont la vente d’un support à sa musique. Le fait de donner gratuitement la musique, c’est un moyen de ramener de l’argent sur des produits complémentaires. La gratuité existe par ailleurs dans la plupart des secteurs industriels. Elle est un moyen marketing utilisé depuis longtemps, et je ne vois pas pourquoi la musique devrait s’en priver ».

De toute façon, les majors n’ont qu’à s’en vouloir à elles-mêmes, non ? Faisons un petit retour en arrière. En 1998, Internet arrive chez monsieur et madame tout le monde. En juin 1999, Napster ouvre la boîte de Pandore en permettant aux gens d’échanger facilement des chansons au format MP3. Ce qui conduit l’industrie musicale à porter des accusations de violation massive du droit d’auteur. C’est là que le bras de fer commence.

En juillet 2001, après 2 ans de procédure judiciaire aux Etats-Unis, Napster rend les armes. Mais voilà, à partir de ce moment là de plus en plus de monde savait qu’on pouvait très facilement télécharger de la musique sur Internet. Et surtout qu’on pouvait découvrir des tas de groupes qu’on aurait pas découvert autrement…

L’industrie de la musique ne juge pourtant pas intéressant d’ouvrir des plateformes où elle proposerait ses propres contenus aux internautes. Leur business se porte bien et elle ne voit pas l’utilité d’étendre son offre, préférant vivre sur la poule aux oeufs d’or en plastique… Ils doivent s’en mordre les doigts maintenant puisque c’est un marchand d’ordinateurs qui vend leurs contenus;-)

Mais même si Apple a mis de la musique en vente en ligne, il a fallu attendre 2003 aux Etats-Unis. Et 2005-2006 en Europe. A savoir 4 ou 6 ans après l’apparition de Napster. Durant tout ce laps de temps, il n’était pas possible d’acheter de la musique… ce qui la rendait de manière tacite gratuite sur Internet.

Ce qu’on peut aussi constater c’est que, au lieu de proposer des solutions aux internautes, les majors ont surtout passé leur temps à intenter des actions en justice ou à pousser les gouvernements à légiférer de manière assez dure contre les copieurs. Avec les développements que l’on connait, par exemple en France avec les lois Hadopi-Lopssi.

Une bonne nouvelle quand même pour les majors : hier Google Music a annoncé qu’il allait venir concurrencer iTunes et Amazon. Son catalogue compte treize millions de chansons, vendues entre 60 cents et 1,29 dollar et recense les titres de trois majors du disque et de treize labels indépendants. Son offre, destinée aux utilisateurs d’Android (système d’exploitation qui tourne sur plus 50% des smartphones et équipe plus de 200 millions d’appareils mobiles dans le monde), se veut ultra-concurrentielle face à iTunes, Amazon ou encore Spotify.

Ce n’est pas la seule nouvelle que nous réservait hier Google. YouTube lance ce jeudi une version belge ! Avec une page d’accueil avec les vidéos les plus populaires de Belgique et composée avec de nombreux de contenus belgo-belges. La plateforme de vidéos entend multiplier ces partenariats dans les mois à venir. Un premier accord a été signé avec la RTBF qui va mettre une partie de son contenu à disposition : Le Journal télévisé, Question à la Une, Mise au point…).

Mais ce qui est le plus intéressant dans cette annonce, c’est l’accord passé entre YouTube et la Sabam, société qui gère les droits d’auteurs en Belgique. Cet accord permettra aux membres de la Sabam d’être rémunérés lorsqu’on accédera à leur musique via YouTube.

Petite parenthèse Ebuco, un producteur vidéo qui a créé une websérie baptisée The marvelous flying box fait aussi partie de ces partenaires. Et j’ai bossé pour cette websérie;-)

Sources : Geeko, Excite, Zoltan, RTBF, Belgium-iPhone, Fronstage, De Morgen, La Libre, France soir.

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27 thoughts on “Spotify, Simfy, Deezer, Youtube et Fon à la sauce belge

  1. « [La gratuité] est un moyen marketing utilisé depuis longtemps, et je ne vois pas pourquoi la musique devrait s’en priver”.

    Sauf que la gratuité est imposée au secteur. Ce n’est pas un choix. La distribution se fait ailleurs que sur les sites des artistes ou labels à leur insu. Offrir un chapitre d’un livre est intéressant, à condition que ce soit l’auteur ou artiste soit celui qui l’offre et puisse en bénéficier, soit directement par un achat ou en échnage d’une adresse e-mail/profil Facebook ou Twitter.

  2. « comme je l’ai fait en ouvrant un compte à l’étranger. » Après 14 jours, le passage par un VPN était/est obligatoire.

    « Le modèle économique est gradué et après une offre “Free” illimitée mais limitée dans le temps (6 mois) » 6 mois, AH BON ??? Lien ?

    • Voici la réponse reçue de Spotify :

      Cher Mateusz,

      Et voici les informations que vous cherchez. Tous les nouveaux utilisateurs Spotify en Belgique pourront effectivement profiter d’une expérience illimitée de musique gratuite pendant les 6 premiers mois de leur compte, avec publicité occasionnelle. Après ces 6 mois, ils auront droit à 10h d’écoute gratuit et pourrons écouter chaque chanson 5 fois.

      N’hésitez surtout pas à nous contacter si vous avez encore d’autres questions.

      Excellent week-end !

  3. Pour reprendre ce que dit Micheal, je pense que la gratuité s’est imposée au secteur (et par conséquent aux artistes) parce que, comme s’est si bien dit dans l’article, on a laissé faire. C’est exactement ce qui se passe avec l’édition de livres. Encore une fois, les « majors » (les grandes maisons d’édition) ne veulent pas (ou n’ont pas voulu) voir les révolutions technologiques. Du coup, elles sont larguées.
    C’est triste… Mais je pense aussi qu’il faut que les maisons de disque repensent tout ce qu’il y a autour de l’acte d’achat. On dirait qu’elles oublient parfois que la valeur ajoutée de la musique, c’est l’artiste en lui-même. Les fans le suivront quoi qu’il advienne :-)

    • A moyen terme, je pense qu’avoir du free free, cela va être compliqué. Tu auras toujours une offre de lancement mais après tu seras vite invité à payer… un peu. ;-)

  4. Tu te souviens de Pandora.com ? c’était aussi un des pionniers du genre, en écoute libre et continue. On pouvait zapper jusqu’à 5 chansons de suite, mais pas revenir en arrière. Cela pouvait partir sur le choix d’un artiste, mais le must était de prendre au hasard un style musical, et de découvrir des groupes de cette façon. J’ai personnellement beaucoup gagné à l’utiliser, et j’étais déçu lorsque l’offre a été stoppée en Belgique :(

  5. Dites, je viens de me rendre compte que j’avais envoyé la mauvaise version en ligne..; Vous savez, un peu comme PPDA, qui a envoyé la « mauvaise version » de son livre sur Hemingway.

    Trêve de plaisanterie : désolé pour les coquilles. Il y en avait beaucoup. Je devais être mal réveillé quand j’ai mis ce texte en ligne ce matin. Et dire que je l’avais relu. hahahaha —> le boulet ;)

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  7. Il est certain que la gratuité pose problème de nos jours. J’ai longtemps acheté les CDs des groupes que j’aimais étant plus jeune car j’était vraiment passionné par l’univers de ces groupes.

    Avec l’évolution d’internet et des différents outils de communication, on a vu exploser les groupes et artistes ce qui pour moi a détérioré l’industrie de la musique. Nous vivons dans un monde de consommation où nous voulons tout, tout de suite et pour le moins chère possible.

    D’un autre côté, ces sites de streaming nous permettent de découvrir facilement tous ces groupes et de tomber parfois sur de vrai coup de coeur qui nous amène à payer pour le voir sur scène.

    Ayant développé mon propre réseau social musical (likeTRAX), je suis en permanence à la recherche d’idées pour le financement de la musique et de ses créateurs. Et j’aurais envie de croire, utopiquement peut-être, qu’en laissant aux gens la possibilité de donner ce qu’ils veulent aux groupes qu’ils aiment permettrait peut-être de combler un peu le vide laissé par la perte des ventes d’albums.

    Radiohead en est le parfait exemple: s’autoproduire pour ne pas se faire gratter une grosse partie des revenus par ces majors avides d’argent et laisser la possibilité aux fans de payer ce qu’ils veulent, voir rien du tout, pour le téléchargement de leur albums!

    Je pense qu’ils ont tout compris et les chiffres le montre! Chapeau bas!

    • Il n’y a pas que l’industrie musicale qui change, tout change. Cela fait partie de l’évolution de notre société. Je ne vois pas où est le problème.

      Ce qui est intéressant avec Internet c’est que l’on peut facilement écouter autre chose que ce que les majors et les radios veulent qu’on écoute.

      Les majors ont appris aux gens à ne pas payer la musique sur Internet. Oui, je pense que c’est de leur faute si les gens ne veulent pas payer. Si dès 2000, elles avaient offert du contenu payant, bon nombre de gens auraient payé. Et n’auraient pas pris de mauvaises habitudes.

      Néanmoins, de plus en plus de monde est enclin à payer pour acheter de la musique en ligne.

      Concernant Radiohead, ils ont tout compris mais c’est facile avec leur renommée. D’ailleurs toutes les grandes stars devraient dire fuck aux majors ;-)

  8. Je trouve que quand l’homme dit  » Deezer a une excellente intégration des réseaux sociaux  » il oublie que Sean Parker ( Fondateur de Napster ) a été dénicher un accord des plus glorieux avec facebook en un clic on peut écouter ce que nos amis écoutent :cool:

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