Faut-il détaguer une personne à sa demande ?

Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail de Pierre Lelong, mon boss chez Technofutur Tic. Celui-ci me transférais un autre mail, intitulé : Demande de supprimer le tag à mon nom.

En juin dernier, le ministre socialiste Jean-Claude Marcourt organisait, avec l’Agence wallonne des Télécommunications, une conférence de presse pour présenter l’appel à projet Espaces de coworking de la Wallonie. J’ai, à l’époque, écrit un billet sur Marketing on the Beach, intitulé Le coworking, le réseau au service de l’innovation.

TagDans cet article, je cite différentes personnes et je partage une vidéo réalisée par l’AWT. Dans cette vidéo, il y a une interview, celle d’une jeune chercheuse française – Responsable du pôle de R&D, Silicon Sentier -, venue à la conférence de presse organisée à Liège pour parler de la Cantine. Et comme à chaque fois que je cite ou parle d’une personne dans un post, j’ai ajouté un tag à son nom.

Dans son mail, la jeune chercheuse écrit :

Je vous remercie pour avoir fait mention dans votre article sur le coworking, à ma présentation. Cependant, je vous écris pour vous demander si possible d’enlever le tag à mon nom, qui fait remonter cet article en 1er lien dans les résultats de recherche.

Je m’interroge quant à la suite à donner à cette demande.

Tout d’abord, même si ma décision n’est pas encore arrêtée, je pense certainement le faire. Je n’ai pas envie d’embêter cette demoiselle. Néanmoins, je vais lui dire qu’elle devait y penser avant de venir faire une présentation à une conférence de presse.

En posant l’acte d’apparaître dans une conférence de presse, la chercheuse française a, d’une certaine manière, décidé d’utiliser les médias pour faire la promotion de l’appel à projet wallon mais aussi de ses travaux sur La Cantine, faisant ainsi son auto-promotion. Ce faisant, elle accepte tacitement que son nom soit utilisé et diffusé dans le cadre d’une communication autour de ces deux projets. Ce que j’ai fait, ni plus ni moins.

Et donc, venir demander d’enlever des traces résultantes d’une apparition publique dont le but est de communiquer atour de quelques choses et faisant ainsi son auto-promotion, c’est paradoxal. Si elle ne voulait pas se retrouver dans le search Google, il ne fallait pas venir faire cette présentation.

Petit conseil : ouvrir un blog

De manière plus générale, je m’interroge quant à cette démarche. Est-ce le fait que Marketing on the beach arrive premier dans Google qui la dérange ou fait-elle cela avec tous les liens qui ne lui siéent pas ?

Si elle tient tant à son e-reputation, je n’ai qu’un conseil à lui donner et évidemment à tout ceux qui veulent éviter ce genre de désagrément : celui d’ouvrir un blog. Rien de tel pour éviter d’écrire des mails pour enlever tags et noms puisque le blog devrait, s’il est un tant soit peu bien référencé, trôner en tête des recherches sur votre nom. Combiné avec un profil LinkedIn ou Viadeo, cela devrait faire l’affaire.

En conclusion, je n’ai pas envie de la détaguer. Mais peut-être vais-je le faire… Des arguments pour ? Des arguments contre ?

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40 thoughts on “Faut-il détaguer une personne à sa demande ?

  1. Je suis d’accord avec toi, c’est tout à fait paradoxal. Mais c’est un peu comme quand un agent de police me prend en flagrant délit lorsque je traverse au rouge sur le passage clouté. Si au final, il me laisse m’en aller tranquille après m’avoir sermonné deux minutes, je dirais que cet agent de police est bien aimable.

    Dans ce cas-ci, tu es l’agent de police et cette pauvre demoiselle ne demande pas la lune ^^

    • Je vais l’enlever je pense… mais si j’avais été à une conférence de presse du Front national et que j’avais écris un article incendiaire à leur propos. Qu’aurais-je dû faire s’ils m’avaient gentiment demandé de virer les tags les concernant ?

      Aurais-tu aussi dit qu’ils ne demandaient pas la lune ? N’est-ce pas la même démarche : je communique puis je demande de retirer les traces me concernant ?

  2. Intéressant cas de figure, en tout cas.

    J’avoue ne pas bien comprendre: en quoi est-ce néfaste que l’article que tu as écrit apparaisse en premier quand on fait une recherche sur son nom? Ce n’est pas comme si tu descendais en flammes son intervention?

    Et puis, que se passera-t-il si chaque fois qu’elle fait une intervention elle est taguée? Elle va finir par se lasser d’envoyer des mails, non?

    Bon, cela dit, je pense quand même que la courtoisie recommande que tu accèdes à sa requête, non?

  3. Je ne comprend pas…

    Si tu avais démontée qu’elle dit, si elle passait pour une cruche en disant des énormités, je pourrai un peu comprendre.

    Mais là ca n’a pas l’air d’être le cas ? C’est quoi le soucis ?

    Avant toute décision, je demanderai à la dame pourquoi elle souhaite retirer ce tag. Car, sincèrement, je ne vois pas de ‘bonne’ raison de vouloir cela.

    Comme tu le dis, si c’est une question de contrôle d’e-reputation, elle a plus intérêt à créer son blog et se créer des profils sur l’un ou l’autre plateforme (elle a d’ailleurs déjà un profil chez http://imaginationforpeople.org). Elle pourrait facilement truster les 3-4 premiers résultats google avec un contenu qu’elle contrôle.

    D’autant qu’il faut bien qu’elle se rende compte que a) elle ne pourra pas contrôler tous les contenus qui citent son nom (ou celui de ses homonymes) et b) le jour où quelqu’un dira du mal d’elle, elle pourra toujours danser sur sa tête, elle n’obtiendra pas le retrait de son nom (sauf si il y a diffamation).

    D’ailleurs, j’ai plus l’impression que retirer le tag sera, au final, plutôt contre-productif pour son e-réputation. Se rend-elle compte que ce résultat disparu des moteurs, un autre prendra sa place… qui ne lui plaira pas forcement d’avantage…

    • Quand tu invites des photographes à une conférence de presse et que tu ne précises pas avant la conférence que tu ne veux pas être pris en photo, toutes les photos prises pendant la conférence ne nécessitent aucune autorisation de publication. C’est toi qui, en invitant les photographes, leur donne l’autorisation de le faire….

  4. Cher Mateusz,
    Certains veulent un max de publicité et sont prêts à payer pour cela.
    Je crois que ton besoin d’être reconnu prend parfois le pas sur le droit qu’ont les gens à une vie privée plus ou moins discrète…
    Je ne suis pas juriste, mais je crains que PaKal ait raison: avant de taguer quelqu’un, il faut lui demander la permission, je pense.
    Amitiés

    • Je cite quelqu’un parce qu’il est dans un événement de communication où j’ai, parmi d’autres, été invité. Invité pour parler de l’événement. Ce que j’ai fait.

      Si on ne veut pas être cité , on ne parle pas en public dans un événement de com’.

      Car si on extrapole, tu pourrais le faire dans tous les cas où on parle en mal de toi. Je remets le bout de comment que j’ai écrit plus haut : Si j’avais été à une conférence de presse du Front national et que j’avais écrit un article incendiaire à leur propos. Qu’aurais-je dû faire s’ils m’avaient gentiment demandé de virer les tags les concernant ?

      • Faux!

        Je participe à des conférences au Luxembourg sur la sécurité informatique dans le monde bancaire et bien que je sois filmé et qu’elle soient « publiques » j’ai le droit de demander de ne pas être cité dans un article de presse ou éventuellement le blog d’un spectateur tout simplement pour des raisons de « discretion » professionnelle…

        J’apparais donc dans des vidéos ou sur des photos mais mon nom n’est pas spécifié…

        • Tu as le droit de demander de ne pas être cité AVANT !!! Pas une fois les images parues. Donc c’est toi qui as tout FAUX.

          De plus, tu ne donnes pas des interviews sans donner ton nom. Elle fait des interviews, donne ses coordonnées…. jamais elle n’a dit qu’elle ne voulait pas être citée, ni filmée, ni quoi que ce soit….

          Il va falloir revoir ses classiques très cher.

          • Puisque tu es scribouillard, prend le temps de reviser le code du droit à l’image, celui de la constitution des bases de données et le droit à la rétraction…

            Au moins 2, si pas les 3 lui donne le droit a faire retirer son nom clairement mentionné dans ton article, par contre pour la vidéo là je suis d’accord avec toi…

    • Y’a un truc technique qui m’échappe…

      Le tag est une méta-donée qui permet de dire de qui et de quoi parle l’article. Le bandeau en bas d’image dans la vidéo fait pareil : il dit est à l’image.

      Dans la vidéo, on voit clairement le nom. Google et Cie ne savent pas ‘encore’ le lire suffisamment bien pour associer tout seul pages et articles contenant la vidéo avec le nom, mais c’est exactement la même chose.

      Peut on par conséquent demander, a posteriori, à ce que son nom (mais pas les images et le son) de son interview soit effacé ?

      • Oui elle peut le demander…

        Tout comme tu peux temoigner anonymement à la télé a visage couvert ou pas…

        C’est stupide mais tu peux temoigner au JT et demander que ton nom ne soit pas mentionner et être parfaitement reconnaissable… On mettre alors « Un Temoin », « Un voisin » …

  5. Ça dépend, elle propose combien? :-) Plus sérieusement, c’est la même chose qu’avoir son nom en bas de l’image quand on passe au JT, sauf que Google est passé par là. Quand on parle à une conférence de presse, on s’expose. Sa demande n’est pas fondée. Maintenant, rien ne t’empêche de le faire pour lui rendre service, sans oublier de lui donner un petit cours sur la communication web en 2011.

  6. Il me semble effectivement que si c’est bien une conférence de presse annoncée comme telle, toute personne s’exprimant doit s’attendre (s’y pas espérer) être citée, photographiée, filmée. Si le compte-rendu comporte des erreurs, elle peut demander une correction, voire un droit de réponse. Mais s’il n’y a pas ce type de problèmes, je pense qu’elle aurait dû y penser plus tôt. Enfin, si ça peut lui faire plaisir et que ça ne te dérange pas trop, tu peux faire un geste… Mais il me semble qu’elle aurait dû y songer avant…

  7. Simplement, c’est comme le droit à l’image. C’est donc bien son droit, et je peux comprendre que parfois certaines personnes ne veulent pas être associé à certains sites, personnes ou blogs.
    Comprends meme pas le but de ce post… le web « 2.0 » n’autorise pas tout.

    • C’est ce que je me tue à dire a Mateusz le prob est qu’il est dans la com et dans la com… :)

      Il y a même un truc plus simple que le droit à l’image, c’est le droit de rétraction…

      Même Google doit se plier à certaine chose et est obliger de répondre a des demande de non indexation…

    • Le Web 2.0 n’a rien inventé en cela. Organise une conférence de presse et essaie d’annuler la parution des images prises lors de celles-ci… ;-) Tu verras qu’on t’expliquera que tu as, en invitant les journalistes, décidé de partager ton droit à l’image avec ceux-ci ;-)

      Autre exemple, si un journal fait une photo de la rue neuve et que t’es sur la photo, il va être compliqué pour toi, si tu ne vas pas tout de suite voir le journaliste, de faire jouer un quelconque droit à l’image.

      • Elle a en effet tacite accorder son droit à l’image mais a tout a fait le droit de ne pas y associer son nom!!!!

        Elle a donc le droit de demander de virer son nom, ‘tin t’es lourd!

        • Je maintiens que j’ai le droit de citer quelqu’un sans qu’il puisse m’interdire de le faire.

          Ce serait drôle si tous les types qui avaient des trucs à se reprocher demandaient à tous les médias de ne pas citer leur nom ;-)

          • En fait le prob est qu’elle ne veut pas que votre site se retrouve en tête de liste de google search et que vous, vous voulez utiliser son nom pour être en tête de liste…

            Et donc puisque tu va te cacher derrière un pseudo droit a l’information et que tu ne prend pas le temps de lire les différente constitution protégeant les individus et leur identité on ne s’en sortira jamais…

            Mon avis est donc, dans le doute, et en toute courtoisie, enlève donc son nom…

          • Tout d’abord, je n’ai jamais voulu être en tête de Google search. Je n’en peux rien si la demoiselle n’a aucun profil valable sur Internet. C’est son droit ok.

            Deux, depuis quand il est interdit de citer nommément une personne qui a participé activement à une conférence de presse ? Dans toutes les rédactions où j’ai travaillé, il n’en a jamais été ainsi. Si tu as un lien explicite, je le lirai avec plaisir.

            Trois, le lien a déjà été retiré.

  8. Je ne t’ai jamais dit qu’il était interdit de citer un nom, je te dis qu’elle a le droit à faire retirer son nom!

    Ne joue pas au politicien avec moi :p

  9. L’affaire est étonnante. En France, le droit de la presse est assez particulier et il me semble qu’une personne ne peut s’opposer à être citée dans un article si celui-ci traite d’un fait d’actualité. Tout comme une personne dans une foule ne peut s’opposer à l’utilisation de la photo si elle illustre une actualité. Mais je ne suis pas juriste alors…

  10. En ce qui concerne la Belgique, il y a une législation concernant la Vie privée et le droit à l’image.
    Il s’agit de la loi du 8 décembre 1992 relative à la protection de la vie privée à l’égard des traitements de données à caractère personnel (loi vie privée)

    C’est une loi très intéressante, qui, en effet pose le principe du droit à l’image, et du droit d’opposition…

    Avec cependant quelques exceptions particulièrement intéressantes :

    Art 6§2 L’interdiction de traiter les données de ne s’applique pas
    e) lorsque le traitement porte sur des données manifestement rendues publiques par la
    personne concernée;

    >>>>>> il me semble qu’une conférence de presse est manifestement un cas où la personne concernée a rendu publiques ses données, en ce y compris son nom.

    Art. 9. § 1er. Le responsable du traitement ou son représentant doit fournir à la personne
    concernée auprès de laquelle il obtient les données la concernant et au plus tard au moment
    où ces données sont obtenues, au moins les informations énumérées ci-dessous, sauf si la
    personne concernée en est déjà informée :
    c) l’existence d’un droit de s’opposer, sur demande et gratuitement, au traitement de données à
    caractère personnel la concernant envisagé à des fins de direct marketing;

    >>>>>>>>>> Il me semble qu’un article informatif, simple compte rendu suite à une conférence de presse NE peut PAS être considéré comme étant à des fins de marketing direct, donc le droit d’opposition ne peut s’y appliquer.

    Et puis GROSSE Surprise quand même à l’article 3:

    § 3. a) Les articles 6, 7 et 8 ne s’appliquent pas aux traitements de données à caractère
    personnel effectués aux seules fins de journalisme ou d’expression artistique ou littéraire
    lorsque le traitement se rapporte à des données rendues manifestement publiques par la
    personne concernée ou sur des données qui sont en relation étroite avec le caractère public de
    la personne concernée ou du fait dans lequel elle est impliquée.

    et idem en point b) concernant l’article 9/

    Dont acte….

    Perso, Moi, je l’enverrais gentiment mais très fermement se faire… F…!

    Pour info, Mat, la Commission Vie privée répond gentiment et gratuitement à ce type de questions ;-)

    (sachant qu’en cas de litige, c’est eux qui sont à la première étape de la procédure de plainte, tu es sûr d’avoir une réponse simple, concise et juridiquement correcte!)

  11. J’ai eu le cas d’une personne qui avait rédigé un article dans une revue que j’avais critiquée. Cette personne exige l’enlèvement de son nom parce que les recherches sur Google sont polluées (sic) par mon article. J’estime pour ma part que si une personne signe de son nom un article dans une revue « non confidentielle », elle sait qu’elle s’expose à ce que cet article et l’auteur soient évoquées. Je reçois des menaces (ce qui a tendance à me rendre plus intransigeant) mais je ne vois pas en quoi cet auteur pourrait légalement exiger le retrait de son nom dans mon article.

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